Livre écrit en lettres rouge sang (080491)
Rio de Janeiro, 8avril(APIC) De mars à août 1990, 457 enfants et adolescents ont été assassinés au Brésil dans les régions métropolitaines de Rio
de Janeiro, Sao Paulo et Recife, villes qui détiennent le taux le plus élevé de meurtres d’enfants de moins de 18 ans, rapporte une étude contenue
dans le livre "Vies en danger: assassinats d’enfants et d’adolescents au
Brésil", récemment publié au Brésil.
L’étude révèle que les meurtres d’enfants sont en augmentation constante
et que plus d’un enfant par jour est dorénavant éliminé, que ce soit à
Rio, Sao Paulo ou Recife.
Conçu par le Mouvement national des enfants des rues et l’Institut brésilien d’analyses sociales et économiques, ce livre de 112 pages a été remis le 3 avril aux ministres brésiliens de la Justice, de la Santé et des
Relations extérieures ainsi qu’aux secrétaires de la Sécurité des 26 Etats
du pays lors d’une cérémonie au Congrès national à Brasilia.
Au moins 206 des 457 assassinats d’enfants sont décrits dans le livre
comme de "véritables tueries". "186 des mineurs ont été assassinés avec
cruauté et violence; 135 d’entre eux ont été retrouvés le corps criblé de
balles", peut-on lire.
Pour seulement 74 des 457 meutres, il a été possible d’identifier les
auteurs: principalement des policiers ou d’ex-policiers, des vigiles de sociétés privées de gardiennage, de simples tueurs à gage et des trafiquants
de drogue. "Les meurtres d’enfants ont atteint des proportions effrayantes
et traduisent un état de guerre civile", conclut le livre.
Sur quelque 155 millions de Brésiliens, on compte 35 millions d’enfants
et d’adolescents nécessiteux, dont près de 7 millions, selon une étude de
l’UNICEF de 1986, sont totalement abandonnés.
Le président Collor a fait des enfants abandonnés, premières victimes
des meurtres, une de ses priorités en multipliant par cinq le budget d’aide
aux familles. (apic/cx/pr)