Lituanie: les catholiques nationalistes (180288)
Rome, 18février(APIC/CIP) Plus de cent mille personnes auraient visité à
la mi-février les églises et les cimetières de Lituanie pour y commémorer
tous ceux qui , dans le passé, ont lutté pour obtenir l’indépendance de la
Lituanie, le 16 février 1918.
Ce fut toutefois une indépendance éphémère. En 1939, l’Allemagne
reconnaissait d’ailleurs que la Lituanie faisait à nouveau partie de la
zone d’influence soviétique. Un an plus tard, la république de Lituanie fut
incorporée dans le territoire de l’URSS et, après l’occupation allemande,
la Lituanie devint, en 1944, une des républiques soviétiques.
La Lituanie compte aujourd’hui quelque 3,5 millions d’habitants, dont 80
o/o sont catholiques. Ces catholiques continuent d’avoir beaucoup de difficultés pour professer librement leur foi. Selon des informations diffusées
en Suède par des exilés lituaniens particulièrement bien renseignés, dix
prêtres et trente laïcs catholiques lituaniens ont envoyé une lettre à Mikhail Gorbatchev pour lui rappeler sa politique de "perestroïka" (réformes)
et de "glasnost" (transparence). Dans cette lettre, ils protestent contre
les méthodes de terreur auxquelles les services secrets du K.G.B. ont recours à l’égard de l’eglise catholique en Lituanie.
Les signataires de cette lettre relèvent également que des nationalistes
catholiques de Lituanie ont été victimes de violences et de vexations commises par les agents du K.G.B. c’est notamment le cas d’une militante
catholique de 50 ans, Nijole Sadunaite. Les services secrets se sont particulièrement efforcés, à la veille du 70ème anniversaire de la proclamation
d’indépendance en Lituanie, d’empêcher toute manifestation nationaliste,
même pacifique, le jour même du 16 février. Le K.G.B. avait notamment promulgué, dès la fin du mois de janvier, une règle générale : interdiction
aux prêtres et aux évêques de permettre une quelconque réunion sur des activités non strictement liées au culte.
Deux évêques Lituaniens, Mgr Vincentes Sladkevicius et Mgr Antalas
Vaicius, ont refusé de se présenter au bureau du K.G.B. pour qu’on leur
fasse part des dispositions prises fin janvier. Il y a quelque temps, les
autorités communistes ont également obligé les jeunes catholiques
lituaniens d’assister, le 16 février, à des réunions du parti communiste,
dans le but évident de leur interdire d’être présents sur les lieux
religieux ou l’on allait commémorer les événements d’il y à 70 ans.
(apic/jt/be)