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    Retour d’exil de Mgr Steponavicius

    Lituanie : l’Eglise cherche à retrouver sa liberté d’action (130189)

    Vilnius, 13janvier(APIC) Après un exil intérieur et une interdiction d’exercer ses fonctions épiscopales de près de 28 ans, Mgr Julijonas Steponavicius, administrateur apostolique de Vilnius, capitale de la Lituanie,

    s’apprête à retrouver sa cathédrale et son siège épiscopal. Dans une interview accordée à l’agence catholique autrichienne "Kathpress", le prélat lituanien a souligné que la fin de son empêchement et la restitution de la

    cathédrale de Vilnius étaient des signes positifs, mais qu’il serait plus

    important encore que le champ d’activités de l’Eglise puisse s’élargir.

    Le premier acte solennel que posera Mgr Steponavicius - qui se trouve

    encore actuellement à Zagare, la localité de province ou il a été relégué

    toutes ces années - est la consécration de la cathédrale de Vilnius le 5

    février prochain. Elle avait été confisquée par les autorités soviétiques

    dans les années 60 et transformée en une salle de concert. La nouvelle de

    son retour prochain à Vilnius a été accueillie avec enthousiasme par la population catholique lituanienne. Mgr Steponavicius - qui a été selon certaines sources nommé cardinal en secret ("in pectore") par le pape Jean

    Paul II - jouit en effet d’une grande autorité morale dans la population de

    la République balte. Même à l’époque de sa relégation, de nombreux prêtres,

    religieux et laïcs venaient le visiter à Zagare pour lui demander encouragements et conseils.

    Des signes positifs mais pas encore de vrais changements

    Mgr Steponavicius a confié à "Kathpress" que la restitution de la cathédrale de Vilnius et la levée des sanctions qui le frappaient sont des

    signes positifs mais que l’on ne pouvait pas encore parler de vrais changements. Il a regretté que les autorités soviétiques n’aient pas encore

    répondu positivement à l’offre de collaboration de représentants de l’Eglise catholique pour la rédaction d’un projet de législation religieuse en

    Union soviétique. "Il semble que les autorités veulent rédiger elles-mêmes

    ces lois, sans inclure les représentants de l’Eglise", a-t-il relevé.

    Pour une nouvelle législation religieuse plus libérale

    Le plus important qu’attend Mgr Steponavicius de cette nouvelle législation sur la religion est la liberté d’enseignement de la religion pour les

    enfants et les jeunes, ce qui est toujours interdit d’après la réglementation toujours en vigueur. A l’heure actuelle, la transmission de la foi aux

    enfants est seulement permise aux parents. A plusieurs reprises, des

    prêtres qui avaient organisé la catéchèse à l’intérieur des églises ont été

    soumis à des mesures répressives de la part des autorités. L’évêque lituanien souhaite encore que la nouvelle réglementation en matière religieuse

    garantisse "le droit de juridiction" de l’Eglise, c’est-à-dire la fin de

    l’immixtion des autorités dans les affaires de l’Eglise (nominations, affectation du personnel religieux, etc...). Il souhaite également que

    l’Eglise puisse exercer des activités caritatives, et a révélé que l’Eglise

    lituanienne est déjà en train de mettre sur pied sa propre "Caritas".

    Plus encore que la restitution d’anciennes églises confisquées et profanées, l’évêque de Vilnius estime plus importante la possibilité de construire de nouvelles églises dans les cités satellites qui en sont dépourvues. De telles autorisations sont maintenant peu à peu données, a-t-il encore révélé. Quant à son retour à Vilnius, Mgr Steponavicius a déclaré que

    c’était pour lui "assez tard". "Si cela avait été possible il y a dix ans,

    la situation aurait été alors totalement différente", a-t-il souligné, en

    rappelant qu’il avait 77 ans et qu’il n’avait plus la force de travail d’un

    jeune. Il a pourtant demandé au pape Jean Paul II d’accepter sa démission

    il y a deux ans, à l’âge de 75, comme le dispose le droit canon, mais

    qu’elle n’avait pas encore été acceptée. (apic/kpr/pr)

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