Lituanie: Décès de Mgr Steponavicius, archevêque de Vilnius (190691)
Vilnius, 19juin(APIC) Combattant de la liberté religieuse et de l’indépendance nationale, Mgr Julijonas Steponavicius, archevêque de Vilnius, en
Lituanie, est décédé mardi à l’âge de 79 ans. L’état de santé du prélat,
qui avait subi une opération des reins, s’était aggravé au début du mois,
l’empêchant de participer à la rencontre avec le pape dans la ville polonaise de Lomza le 5 juin dernier. Interdit d’exercer ses fonctions et condamné à l’exil intérieur durant près de 30 ans, Mgr Steponavicius avait retrouvé son siège épiscopal début 89.
Après un exil intérieur et une interdiction d’exercer ses fonctions
épiscopales de près de 28 ans, Mgr Julijonas Steponavicius, administrateur
apostolique de Vilnius, avait en effet retrouvé sa cathédrale en 1988, une
cathédrale qui avait été confisquée par les soviétiques et transformée en
salle de concert.
Ordonné prêtre en 1936 et évêque en 1955, Mgr Steponavicius fut nommé
évêque auxiliaire du diocèse de Panevezys, avant de devenir également administrateur apostolique de Vilnius. Il fut arrêté en 1961, emprisonné à la
célèbre prison de Vladimir, puis chassé de son diocèse. Le KGB lui reprochait son engagement en faveur de la catéchèse des enfants, ce qui était à
l’époque strictement interdit par les autorités communistes, mais également
son refus d’ordonner prêtres trois séminaristes introduits par le KGB dans
l’unique séminaire alors autorisé, à Kaunas. Libéré, Mgr Steponavicius ne
put rentrer dans son diocèse, mais fut relégué à Zagare, une localité de
province à la frontière avec la Lettonie, jusqu’en 1989.
L’archevêque de Vilnius jouissait d’une grande autorité morale auprès de
la population de la République balte et il a soutenu les aspirations de son
peuple à l’indépendance. Même à l’époque de sa relégation, de nombreux prêtres, religieux et laïcs venaient le visiter à Zagare pour lui demander encouragements et conseils. Durant ses années d’exil intérieur, il poursuivit
sa lutte en faveur de la liberté religieuse, signant notamment les pétitions du clergé contre les règlements des associations religieuses et contre l’arrestation de deux prêtres catholiques lituaniens militants, les Pères Alfonsas Svarinskas et Sigitas Tamkevicius. Il fut la cible de multiples attaques et menaces du KGB et des responsables soviétiques des Affaires religieuses. Le 16 janvier dernier, présidant la messe à la mémoire des
quatorze victimes de l’intervention soviétique contre la tour de la télévision de Vilnius, il avait qualifié ces militants indépendantistes lituaniens de "martyrs pour la liberté et l’indépendance du peuple lituanien".
(apic/cic/kna/be)