Lima : le pape à la rencontre (160588)
Lima, 16 mai (APIC/CIP) Avant de terminer sa journée du dimanche 15 mai par
un salut aux jeunes, Jean Paul II s’est rendu au Séminaire San Toribio à
Lima pour une rencontre avec des représentants des intellectuels et du
monde de l’entreprise.
Dans son discours, le pape a invité les intellectuels et les entrepreneurs à rester fidèles aux valeurs de dignité de la personne et de solidarité fraternelle, des impératifs reçus de l’Evangile. Il a dénoncé l’agression d’idéologies qui voient dans l’homme un individu qui se suffit à luimême, ou encore d’idéologies collectivistes qui nient la vocation transcendante de la personne.
Aux intellectuels, le pape a expliqué que l’intérêt pour la culture est
intérêt pour l’homme et pour le sens de son existence. L’Eglise, dans sa
volonté d’évangéliser la culture, fait donc une option radicale en faveur
de l’homme, en opposition avec certains "humanismes" qui se limitent à une
vision seulement économique, biologique ou psychique. "Cette option requiert que l’on vive clairement une échelle de valeurs, a ajouté le pape,
car sans valeurs on ne peut pas construire une société vraiment humaine".
De même, la foi est "une force féconde pour la création de la culture.
D’autre part, une foi qui ne se fait pas culture est une foi qui n’a pas
été accueillie pleinement... Tous les chrétiens ont la mission de transformer en culture, avec toujours plus de profondeur, le message de l’Evangile,
sans réduire la mission de l’Eglise à la recherche d’un projet purement
temporel ou même à l’action politique" - une tentation fréquente chez beaucoup de peuples qui connaissent de grands déséquilibres au plan socio-économique et qui sont à la recherche de la justice, a constaté Jean Paul II.
Aux entrepreneurs, le pape a rappelé qu’ils devaient toujours viser le
bien commun. Evoquant le problème de la dette extérieure, il a indiqué que
le mouvement des capitaux pouvait être un vrai signe de solidarité mondiale
et que pour qu’il en soit ainsi, il est nécessaire d’adopter comme critère
le sens de la solidarité. Sans quoi, a-t-il dit, le mécanisme de crédits et
de prêts peut devenir un poids insupportable.
Pour Jean Paul II, le problème de la dette internationale ne se résume
pas à une question financière, économique et politique, mais "avant tout
éthique et morale". (apic/cip/bd)