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    Liège: journée des missionnaires à Banneux L’intransigeance de l’islam

    Liège, 11 août 1994 (CIP)

    Survoler les grands problèmes de l’Eglise dans le monde, voir comment les

    chrétiens peuvent vivre de façon diverses sous des horizons culturels

    différents, s’encourager ainsi dans les échanges fraternels, tel est

    l’objectif des rencontres annuelles organisées par Missio-Liège à

    l’intention des missionnaires en vacances dans le diocèse. Des rencontres

    animées à Banneux par l’abbé Charles Winbomont et qui consistent

    essentiellement en une suite de témoignages d’expériences vécues sur tous

    les continents, ainsi qúà partir de nos pays.

    Ce qui a été souligné avec force dans les exposés de cette année, c’est

    l’intransigeance, voire le fanatisme de l’islam, en Asie comme en Afrique.

    Si le Sénégal (André Maréchal), pays musulman à 90 %, jouit d’une

    constitution laïque qui permet aux 7 % de chrétiens d’évoluer paisiblement,

    il n’en est déjà plus de même au nord du Cameroun (Père Loiseau, o.m.i.),

    qui pourtant ne compte que 20 % de musulmans: là, les chefs, d’origine

    islamique, exercent sur le petit peuple généralement païen une pression

    telle que celui-ci ne peut pas devenir chrétien et que, par exemple, une

    fille qui se convertirait serait assassinée par ses proches. Au Nigeria,

    les 50 % de musulmans dominent tout; il n’y a pas un seul chrétien au

    gouvernement. Cela dit (Père Jacques Piron), dans l’ensemble, l’islam noir

    n’atteint pas le fanatisme arabe.

    L’intégrité grâce à l’intégration

    Mais il y a peut-être plus dur que l’islam arabe, c’est celui d’Asie

    centrale. Selon le P. R. Pilette, s.j., qui, après 38 ans en Inde, voit les

    choses à partir des réfugiés accueillis à Verviers, le Pakistan, qui vit

    sous la loi coranique, et le Bangladesh, où l’islam est de plus en plus

    dominant, sont d’autres terres où le fanatisme s’exerce sans retenue.

    Le P. Pilette a évoqué à ce sujet l’appel de Jean-Paul II afin que les

    droits de l’homme soient respectés pour tous les peuples et toutes les

    convictions, mais que la réciprocité soit la règle. Devant des problèmes

    que connaissent certains pays comme l’Inde, où une minorité de chrétiens

    vit parmi les hindous, les bouddhistes ou les musulmans, il prône

    l’intégrité (l’unité du pays) grâce à l’intégration (la liberté d’être

    soi-même dans la diversité, par opposition à l’assimilation).

    Pour l’Inde, comme pour d’autres pays sans doute, un autre problème est

    évoqué par le Père Ernst, s.j., qui compte de nombreuses années à Calcutta.

    Il s’agit de changer totalement la manière de travailler; dans la promotion

    spirituelle aussi bien que matérielle, il faut cesser d’être l’entrepreneur

    pour devenir le collaborateur d’un peuple, selon ses rythmes et ses

    aspirations. Pour lui, il faut pratiquer "l’économie de la communion" des

    Focolarini.

    23 religieuses rwandaises attendues en Belgique

    On a aussi entendu d’intéressants rapports sur le travail de fourmi de

    l’abbé Jacques Jongmans (prêtre Fidei Donum du diocèse de Liège) dans

    l’Etat de Bahia, au Brésil, parmi une population qui est à 80 % d’origine

    africaine, sur la vitalité des communautés chrétiennes au Zaïre (Pères Léon

    de Saintmoulin et François Breuls, tous deux jésuites); sur les problèmes

    de l’enseignement au Cameroun (Père Edgar Iserenfant, mariste) à la suite

    des difficultés financières de l’Etat; sur la domination totale sur

    l’Eglise du dictateur qui dirige le Togo - une tyrannie qui est allée

    jusqúà démolir la cathédrale où était ordonné un archevêque qui ne lui

    plaisait pas (abbé Joseph Jeyers, Fidei Donum de Liège).

    Les derniers témoignages de missionnaires furent ceux de trois religieuses

    rentrées du Rwanda, Soeur Marie-Ange de l’Assomption, Melle Josée Molitor,

    Auxiliaire de l’Apostolat, et Soeur Paula, de la Paix Notre-Dame à Liège.

    Cette dernière a dit comment, au sein de leurs deux monastères bénédictins,

    il y a eu parfois des frictions entre Hutus et Tutsis, mais comment les

    événements ont soudé les deux communautés. Sur une trentaine de

    religieuses, 8 ont été tuées, 23 vont rejoindre prochainement la Belgique,

    via Paris, pour s’installer probablement à Maredret (Namur).

    La réunion avait commencé par un rapport sur les pavillons missionnaires

    installés dans l’enclos des apparitions (Soeur Gabriel). Elle s’est

    poursuivie par de brèves interventions de membres du Service Missionnaires

    de la Jeunesse, où l’on a appris la formation d’une communauté estudiantine

    à Liège.

    Lors de fraternelles agapes, l’abbé A. Klinkenberg, vicaire épiscopal, a

    évoqué l’intense activité de Missio-Liège. La rencontre s’est terminée par

    une eucharistie en la chapelle des apparitions, présidée par l’abbé K.

    Gatzweiler, vicaire général.

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