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    750’000 réfugiés s’entassent dans les pays voisins

    Libéria: les conséquences de la guerre loin d’être surmontées (200691)

    Lucerne, 20juin(APIC) Les conflits armés qui ont dévasté le Libéria ont

    laissé de profondes traces. Et les populations locales en subissent aujourd’hui les conséquences. Des conséquences catastrophiques. La famine et

    les épidémies se répandent. L’approvisionnement dans les pays limitrophes

    est devenu extrêmement précaire. La Guinée, le Ghana, la Côte d’Ivoire et

    le Sierra Leone ont accueilli environ 750’000 réfugiés libériens. Karl

    Gähwyler, collaborateur de Caritas, vient de rentrer d’un voyage en Côte

    d’Ivoire, où 300’000 Libériens ont trouvé refuge.

    La famine et la persécution avaient poussé environ 300’000 réfugiés à

    traverser les deux fleuves frontaliers Nipoué et Gavally pour rejoindre la

    Côte d’Ivoire. Le coordinateur de l’aide publique aux réfugiés parle même

    de 320’000 réfugiés et relève qu’il est pratiquement impossible d’estimer

    le nombre précis de personnes en quête de soutien. Il est en outre difficile d’obtenir des nouvelles de l’"autre côté", où la guerre civile continue.

    Les convois et les collaborateurs et collaboratrices des organisations

    humanitaires sont pratiquement les seuls à passer la frontière.

    Depuis neuf mois, Soeur Barbara Brillant accompagne les convois de nourriture. Pendant les premières semaines, quand on distribuait des aliments,

    témoigne-t-elle, les gens avaient tellement faim qu’ils ramassaient chaque

    grain de riz tombé sur le sol. Notre convoi de voitures était souvent arrêté par des soldats qui eux aussi étaient affamés. Ils essayaient de nous

    enlever les aliments par la violence. Nous avons subi leurs assauts à plusieurs reprises".

    Pour Soeur Barbara, une expérience particulièrement pénible a été celle

    vécue dans des camps d’otages: "Par hasard j’ai découvert un camp de prisonniers. Il s’agissait d’environ 300 femmes et hommes, majoritairement

    originaires du Nigéria. Une partie d’entre eux avait été prise en otage,

    les autres y avaient trouvé refuge. Ils ne recevaient que deux tasses de

    riz par mois et étaient tellement affaiblis qu’ils ne tenaient même plus

    debout". Par la suite, Soeur Barbara devait encore découvrir d’autres camps

    avec en tout 4’000 personnes. Ce n’est qu’en menaçant de suspendre complètement la distribution d’aliments qu’elle a pu obtenir l’autorisation d’approvionner également ces camps.

    Situation toujours aussi précaire

    La situation actuelle est aussi précaire qu’avant. La vie économique n’a

    guère pu reprendre. Sur certains marchés, l’offre de marchandises est encore très limitée: "La seule chance du Libéria pour vaincre la famine consiste à cultiver au plus vite ses champs. Il est primordial de se procurer

    des semences de riz, puisque celles-ci ont été consommées lors de la grande

    famine". Et Soeur Barbara d’ajouter: "Nous aurions besoin de 50’000 sacs de

    riz, nous n’en n’avons que 7’000 pour l’instant".

    Autre prooblème: la petite ville de Danané (Côte d’Ivoire) risque de

    déborder. Sur une population de 15’000 habitants, il y a 10’000 réfugiés

    qui s’entassent chez leurs hôtes comme des sardines. "Les camps de réfugiés

    sont inexistants: la Côte d’Ivoire a voulu accueillir ses voisins membres

    de la même tribu comme des hôtes, en vertu de l’hospitalité africaine traditionnelle. En principe, il n’y a pas de solution plus humaine. Mais

    malheureusement, elle est presque unique au monde".

    Dans les villages aux alentours des villes frontières de Danané, Toulepleu et Tabou au sud de la Côte d’Ivoire, cette tradition de l’hospitalité

    fonctionne également parfaitement. Certaines familles ont partagé pendant

    plusieurs mois leur nourriture avec "les frères de l’autre côté de la rivière". Les Libériens ont tout de suite été intégrés à la vie villageoise.

    En visitant les villages, il est difficile de distinguer indigènes et réfugiés. Entre 20 et 30% de ces derniers ont du reste construit leurs cabanes

    traditionnelles en torchis en bordure des habitations indigènes. Il n’en

    demeure pas moins que certains villages sont débordés. Souvent, le nombre

    des nouveaux arrivés dépasse celui de la population villageoise. Ce qui

    cause problème pour alimenter ces populations.

    Les réfugiés libériens manquent surtout d’aliments tels que poisson,

    viande ou huile. De nombreuses organisations humanitaires, pour la plupart

    d’Eglise, dont Caritas, essaient de combler ces lacunes et de parer au plus

    pressé pour tenter de remédier au pire. (apic/car/pr)

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