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    Liberia: "Justice et Paix" accuse la police d’avoir assassiné un ancien dirigeant rebelle

    "La police infestée d’amateurs sans formation"

    Monrovia, 23 février 1998 (APIC) La Commission catholique "Justice et Paix" au Liberia, attribue à la police locale l’assassinat, le mois dernier, d’un ancien responsable rebelle, Mannah Zekay. Dans un communiqué publié en fin de semaine dernière dans la presse libérienne, l’organisation catholique dénonce aussi la volonté des dirigeants libériens de vouloir faire des forces de sécurité des agents au service de différentes factions militaires.

    Selon "Justice et Paix", Mannah Zekay a été enlevé puis abattu le 9 janvier à l’aube par les forces de sécurité, sous prétexte qu’il était un voleur à main armée. "Un marteau a été utilisé pour défoncer son crâne". Zakay, ancien chef d’une faction militaire opposée à celle du président Charles Taylor, au plus fort de la guerre civile au Liberia, a été tué avec un autre homme dont l’identité n’a pas été révélée. Leurs corps ont été exposés, deux fusils posés sur leurs poitrines, au siège de la police libérienne. Les responsables de la police ayant affirmé qu’ils avaient été pris en flagrant délit, armes au point, Justice et Paix cite les témoignages de personnes habitant dans le même quartier que l’ancien chef rebelle et qui démentent la version de la police.

    La Commission catholique, dans le même communiqué, s’élève contre le refus de la police "d’adhérer aux critères de professionnalisme dans les domaines du recrutement et de la formation professionnelle". La police libérienne, ajoute-t-elle, est "infestée d’amateurs sans formation" et ceux qui sont bien formés sont "souvent démis de leur fonction" selon l’humeur du directeur de la police, Joe Tate, l’un des principaux dirigeants de la faction du président Talyor et qui faisait partie du ’Front national patriotique du Liberia’ durant les sept ans (1989-96) de la guerre civile. (apic/ibc/ba)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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