Liban: Un non clair à l’uniatisme (250693)
le dialogue théologique entre l’Eglise catholique et orthodoxe
Balamand, 25juin(APIC) "L’uniatisme, qui recherche la conversion des personnes d’une Eglise à l’autre, ne peut plus être accepté, ni en tant que
méthode à suivre, ni en tant que modèle de l’unité recherchée par nos Eglises." Telle est la conclusion de la VIIe session plénière de la Commission
mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Eglise catholique
et l’Eglise orthodoxe, qui s’est achevée jeudi à Balamand, au Liban. Les
délégués expriment le désir de fair-play et de collaboration oeucuménique.
Cette prise de position bat en brèche la conception qui a prévalu jusqu’à Vatican II inclus, et même plus tard, qui faisait des Eglises catholiques orientales des Eglises-ponts lancées vers les Eglises orthodoxes. La
session de Balamand s’est déroulée dans un "Esprit de fraternité". Neuf
Eglises orthodoxes autocéphales et autonomes étaient représentées, et du
côté catholique vingt-quatre membres de la Commission. Etaient absentes en
revanche les Eglises de Serbie et de Géorgie, pour des raisons évidentes,
mais aussi des Eglises de Grèce et de Bulgarie. Le document élaboré en 1991
et intitulé "L’Uniatisme, méthode d’union du passé, et la recherche actuelle de la pleine communion", a servi de base de travail. Il a été approuvé
et sera publié aussitôt après son approbation par le Vatican et par l’Orthodoxie, dit un communiqué.
Les blessures profondes, provoquées par la séparation de l’Eglise, doivent être surmontées par "une reconnaissance mutuelle, le dialogue et la
collaboration à divers niveaux". "Dans l’esprit de l’ecclésiologie de communion et en vertu du fait que les Eglises catholique et orthodoxe se reconnaissent pleinement comme Eglises soeurs, on constate que, dans l’effort
pour rétablir l’unité, il s’agit de réaliser ensemble la volonté du Christ
pour les siens et le dessein de Dieu sur son Eglise par une commune recherche d’un plein accord sur la foi, et non pas de rechercher la conversion
des personnes d’une Eglise à l’autre. Ce dernier genre d’apostolat missionnaire qui a été appelé "uniatisme", ne peut plus être accepté ni en tant
que méthode à suivre, ni en tant que modèle de l’unité recherchée par nos
Eglises," notent les délégués.
Querelles autour des biens de l’Eglise
Cette rencontre a été la première depuis plusieurs années à réunir les
hauts-responsables des deux Eglises. Avec l’effondrement du communisme et
la renaissance des Eglises catholiques de l’Est, de grandes controverses
autour des biens des Eglises avaient éclatées, surtout en Ukraine et en
Roumanie. Les catholiques, incorporés de force à l’orthodoxie sous Staline,
se sont réorganisés. Les évêques, les prêtres et les fidèles ont réclamé
leurs églises et leur patrimoine ecclésial occupés par les orthodoxes.
En outre, l’orthodoxie et surtout le patriarcat de Moscou, ont reproché
à Rome une conscience oecuménique déficiente: l’Eglise catholique fait de
la provocation en cherchant "à prendre pied et à se propager" sur un terrain traditionellement orthodoxe. Le succès du catholicisme a été d’autant
plus grand que les croyants orthodoxes avaient été décus du comportement de
leurs responsables sous le régime communiste. La conférence de Balamand a
clarifié qu’il n’y aura désormais plus de tel recrutement déloyal.
"La Commission mixte internationale espère avoir ainsi supprimé l’obstacle qui a poussé certaines Eglises autocéphales à suspendre leur participation au dialogue théologique. Elle souhaite vivement que le dialogue pourra
bientôt reprendre son cours normal, en approfondissant les problèmes théologiques à l’ordre du jour." (apic/cic/cip/com/cb)