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    au mouvement oecuménique

    Liban: Réunion informelle sur la participation (250297)

    Beyrouth, 25février(APIC) A l’initiative du catholicos de Cilicie ARAM

    1er, primat de l’Eglise arménienne au Liban, qui est aussi la président du

    comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE), s’est tenue à

    Antélias, près de Beyrouth (Liban), du 12 au 15 décembre dernier, une

    rencontre informelle réunissant orthodoxes et protestants du comité central

    du COE.

    Cette rencontre avait pour objectif de réfléchir aux différents aspects que

    devrait prendre à l’avenir la participation orthodoxe au travail du COE,

    vient d’apprendre le service orthodoxe de presse. Parmi les questions

    débattues: le sens ecclésiologique de l’unité et de la communion, la

    restructuration du COE et la réorientation de ses missions, la place des

    orthodoxes au sein du COE. Cette consultation réunissait des représentants

    des Eglises de Constantinople, d’Antioche, de Russie, de Chypre, de Grèce

    et d’Amérique ainsi que ceux des Eglises arménienne et syrienne

    (préchalcédoniennes). Les représentants de l’Eglise de Roumanie ainsi que

    de l’Eglise copte et de l’Eglise de l’Inde, absents, avaient adressé leurs

    remarques par écrit. Le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du COE,

    assistait à la réunion.

    La consultation d’Antélias s’est notamment penchée sur l’attitude des

    Eglises orthodoxes vis-à-vis du processus de réflexion engagé par le COE

    quant à ses finalités et ses modalités d’action, tel qu’il est exposé dans

    un document de travail intitulé "Conception et vision commune du COE" qui

    prévoit une révision radicale des structures de cette organisation. les

    délégations orthodoxes ont relevé avec satisfaction que les premières

    recommandations adressées au COE concernant ce texte, notamment celles

    venant du patriarcat oecuménique et du patriarcat de Moscou, avaient été

    prises en considération dans l’élaboration dans la deuxième mouture du

    projet. En particulier, l’allusion au "caractère ecclésiologique" du COE a

    été supprimée. Pour les orthodoxes, le COE n’est pas une sorte de

    "super-Eglise", mais un "forum" ou mieux une "fraternité de traditions ou

    de familles ecclésiales différentes". Konrad Raiser a indiqué que les

    remarques des orthodoxes seraient examinés attentivement par le COE et

    qu’il en serait tenu compte dans la rédaction des documents définitifs.

    Plusieurs représentants orthodoxes ont souligné l’impossibilité pour

    leurs Eglises d’accepter l’introduction par certaines Eglises protestantes

    de mesures qui vont à l’encontre de la Tradition ecclésiale, telles que

    l’ordination des femmes au sacerdoce ministériel, l’emploi du langage

    inclusif qui vise à remplacer par des formes neutres toutes les expressions

    de nature masculine ayant trait à Dieu dans la Bible, de même que les

    tendances visant à introduire un relativisme moral contraire aux normes de

    l’éthique chrétienne.

    Le COE n’a pas de doctrine dogmatique, ecclésiologique ou éthique

    propre, il est une association d’Eglises. Il n’en demeure pas moins que la

    présence en son sein de points de vue radicalement opposés sur telle ou

    telle question rend difficile toute progression vers l’unité, ont-ils

    souligné. De plus, même si le COE a officiellement dénoncé toute forme de

    prosélytisme, les actions missionnaires exercées par certaines de ses

    Eglises membres dans des pays à majorité orthodoxe contribuent à envenimer

    les relations entre les Eglises et portent préjudice à l’oecuménisme en

    général.

    Lors des discussions, le métropolite Cyrille de Smolensk, responsable du

    département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, a attiré

    l’attention des participants sur les interrogations croissantes, voire

    l’hostilité, à l’intérieur de l’Eglise orthodoxe russe à l’égard du

    mouvement oecuménique avec pour conséquence la multiplication des appels

    prônant le retrait du COE. Les représentants des autres Eglises se sont

    prononcés contre toute "décision unilatérale" d’une Eglise qui déciderait

    seule de quitter le COE "sans concertation" avec les autres Eglises. "Un

    tel pas constituerait une entorse à la solidarité panorthodoxe et

    susciterait l’étonnement et la division au sein de l’orthodoxie dans le

    monde entier", devaient-ils remarquer.

    La rencontre d’Antélias intervient alors que dans le cadre du 50ème

    anniversiare du COE qui sera célébré en 1998 et pour préparer l’assemblée

    générale prévue à cette occasion à Harare (Zimbabwa), les responsables du

    COE ainsi que les Eglises membres ont été invités à engager une réflexion

    sur la nature du mouvement oecuménique et les réorientations à apporter à

    ses objectifs. Ce débat intervient alors que des critiques se font de plus

    en plus sensibles au sein de certaines Eglises orthodoxes, notamment en

    Russie où maintes voix dans le clergé se sont déjà fait entendre pour

    réclamer que l’Eglise russe quitte le COE (SOP 2078 et 2138).(apic/fd).

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