"Le boycott des élections présidentielles serait mortel"
Beyrouth, 21 septembre(APIC) Réunis mardi autour de Mgr Nasrallah Sfeir,
patriarche maronite du Liban, et des évêques et supérieurs généraux des
ordres religieux de toutes les communautés chrétiennes du pays, 27 députés
chrétiens libanais (24 n’ont pu être présents) se sont prononcés contre le
boycott des élections présidentielles, dont le scrutin a été fixé pour ce
jeudi 22 septembre. Dans un communiqué, les parlementaires libanais ont insisté sur la nécessité de participer "coûte que coûte" à la séance de jeudi, car les conséquences du boycott "seraient mortelles à la survie de la
nation".
L’accord syro-américain conclu à Damas le 18 septembre dernier au sujet
des élections présidentielles libanaises a suscité une grande déception
auprès de la majeure partie des Libanais, affirme le Centre catholique
d’information du Liban (CENCA). En effet, dans cet accord, les conditions
syriennes, acceptées par le côté américain, consistent principalement dans
l’imposition d’un candidat unique ayant déjà signé avec le gouvernement syrien un papier impliquant des clauses opposées aux principes de la souveraineté et de l’indépendance du Liban, "à savoir la légalisation de l’occupation militaire syrienne couvrant actuellement 70 pour cent du territoire
national; la formation d’un comité conjoint pour la sécurité; la nomination
de parlementaires par le conseil des ministres, au lieu de leur élection
par le peuple... autant de clauses qui minent les traditions démocratiques
du Liban, en prélude à son incorporation progressive dans le processus totalitariste de Damas".
En général le contenu du papier, signé par le candidat unique agréé par
les Syriens et les Américains, rappelle celui d’un "Accord tripartite"
signé en 1985 par certains milices libanaises et le gouvernement syrien,
"mais avorté en son temps", souligne le CENCA.
Les multiples réactions contre l’accord syro-américain du 18 septembre
sont motivées, en grande partie, par l’attachement aux principes de liberté, raison d’être fondamentale du Liban. D’autant plus que l’occupation
syrienne n’a assuré aux populations libanaises, pendant 14 ans, ni la sécurité ni la paix, mais au contraire, affirme le Centre catholique d’information, "elle a transformé des zones entières en réduits favorables aux preneurs d’otages, en refuge pour les terroristes et en foyer de fanatisme et
de corruption".
Enfin, la réaction négative émise par les parlementaire électeurs, les
instances religieuses, politiques et syndicales, à Beyrouth, marquent la
crainte d’un nouveau cycle de violence dont le spectre a été déjà agité par
des responsables américains tant à Washington qu’à Beyrouth. Une voiture
piégée a d’ailleurs explosé mardi en plein quartier commercial à BeyrouthEst, faisant 3 morts et 25 blessés. (apic/cenca/be)