Liban: nombreux cas de tortures dans le camp de prisonniers de Khiam
Berne, 4mai(APIC) Les quelque 200 prisonniers du centre de détention de
Khiam dans le sud du Liban sont torturés au cours des interrogatoires, et
bon nombre d’entre eux sont privés de contacts avec l’extérieur depuis des
années. C’est ce qu’affirme Ammnesty international dans un rapport publié
mardi.
"La plupart des hommes et des femmes incarcérés à Khiam ont été torturés
pour obtenir des informations et il est à craindre que ces pratiques n’aient pas cessé", indique Amnesty. Bien que les conditions carcérales se soient améliorées ces dernières années, les prisonniers de Khiam ne peuvent
rencontrer ni leur famille, ni une organisation humanitaire comme le Comité
international de la Croix-Rouge (CICR) et sont, semble-t-il, maintenus en
détention hors de tout cadre légal.
Le rapport contient plusieurs témoignages détaillés d’anciens prisonniers qui décrivent les tortures subies. Ils racontent comment ils ont été
frappés avec de gros cables électriques, suspendus à un poteau électrique
et aspergés d’eau. D’autres affirment avoir été torturés à l’électricité
avec des décharges d’intensité croissante. Les électrodes étaient d’abord
placés sur les doigts, puis sur les parties sensibles du corps, la langue,
le pénis ou les mamelons. D’autres témoignages rapportent des tortures ou
des mauvais traitements infligés aux proches des détenus. Un homme incarcéré à Khiam pendant trois mois raconte comment sa mère âgée de 50 ans a été
torturée. Les cris de sa mère ont fini par le faire avouer.
Le centre de détention de Khiam est tenu par l’armée du Liban-Sud (ALS).
Mais selon Amnesty international, des fonctionnaires israëliens ont participé directement au moins jusqu’en 1988 aux interrogatoires et aux tortures
et ils continuent à superviser le camp.
Les responsables israëliens et les représentants de l’ASL ont proposé à
plusieurs reprises de libérer les prisonniers de Khiam ainsi que 36 autres
détenus en échange de 4 soldats israëliens et de 8 membres de l’ASL disparus au Liban.
Amnesty International réclame qu’on mette fin sans délai aux mauvais
traitements et qu’on autorise les prisonniers de Khiam a recevoir la visite
de leur famille et du CICR. Quant aux détenus qui n’auraient pas commis
d’actes de violence envers Israël ou l’ASL, on peut les considérer comme
otages, précise l’organisation et ils doivent être immédiatement remis en
liberté sans condition.
Depuis 1985, AI a exprimé à maintes reprises ses préocuppations quant
aux prisonniers de Khiam. "Le gouvernement israëlien a constamment nié toute responsabilité, malgré les éléments indiquant la présence de représentants israëliens dans le centre de détention et le fait que les autorités
israëliennes sont en mesure de proposer la libération des prisonniers de
Khiam". En outre Israël n’a pas répondu aux demandes d’éclaircissement sur
le sort de 36 prisonniers arrêtés au sud du Liban et détenus sans inculpation ni jugements en Israël, certains dans des lieux secrets.
Ammesty International exprime parallèlement son inquiétude quant au sort
des soldats israëliens et des membres de l’ASL portés disparus au Liban.
Elle demande qu’ils soient relâchés immédiatement s’ils sont détenus comme
otages.
L’organisation de défense des droits de l’homme est également préoccupée
par le sort de "quelque 2’000 personnes, Libanais et Palestiniens pour la
plupart, dont nous connaissons les noms et d’un certain nombre d’autres
personnes toujours portées disparues au Liban". Bon nombre d’entre elles
ont été capturées par les milices libanaises ou les forces syriennes. Certaines sont mortes, mais d’autres sont retenues en otages. Le sort de ces
personnes doit être éclairci par ceux qui les détiennent ajoute AI. (apiccom/mp)