Liban: messages du pape, de Mgr Decourtray et d’AI (211090)
Rome, 21octobre(APIC) "Je désire (...) m’adresser une nouvelle fois à
tous les responsables et à ceux qui sont encore en mesure d’agir de manière
désintéressée et efficace: je leur demande instamment d’aider les Libanais
à surmonter leurs rivalités et les rancoeurs du passé". C’est en ces termes
que le pape Jean Paul II s’est exprimé samedi dans un message adressé au
patriarche d’Antioche des maronites, Mgr Nasrallah Pierre Sfeir, en réponse
à un télégramme que ce dernier lui avait envoyé à l’occasion du douzième
anniversaire de son élection.
Dans son message, Jean Paul II dit "espérer ardemment que tout sera mis
en oeuvre pour qu’au plus tôt ce pays souverain soit libéré de toute présence militaire étrangère". Ainsi donc, poursuit-il, "vos compatriotes,
responsables de leurs décisions, seront mieux à même de reprendre confiance
dans les institutions nationales et de reconstruire courageusement une société fidèle à sa vocation historique".
Le président de la Conférence épiscopale française, le cardinal Albert
Decourtray, archevêque de Lyon, a pris position à la suite des horreurs
commises lors de la reddition du général chrétien Michel Aoun la semaine
dernière. Dans son message, le cardinal Decourtray affirme que le Liban vit
les heures "les plus tragiques" de son histoire, que "des innocents sont
tués, des lieux saints profanés". Du fond de son désespoir, le peuple libanais, face à la complicité de ses adversaires, se tourne à nouveau vers la
France, relève-t-il. Mgr Decourtray demande au peuple français et à son
gouvernement de répondre à cet appel. Il exhorte notamment les catholiques
à s’engager encore plus en faveur du Liban et de ses habitants.
L’organisation internationale de défense des droits de l’homme "Amnesty
International" (AI) s’est déclarée, dans un appel publié à la fin de la semaine à Londres, "inquiète" à la suite des massacres perpétrés par l’armée
syrienne au Liban. AI demande au gouvernement libanais d’examiner les accusations selon lesquelles les 13 et 14 octobre "trente personnes au moins
ont été arrêtées et exécutées par les Syriens".
Des collaborateurs de la Croix-Rouge ont confirmé à la fin de la semaine
à des journalistes qu’ils avaient trouvé "plusieurs cadavres" à Bsouss. De
nombreux habitants du lieu ont affirmé avoir entendu des coups de feu. Au
moins 14 civils auraient été exécutés au matin du 13 octobre par des soldats syriens. Le ministre libanais de la Défense, qui est membre du gouvernement protégé par Damas, a réfuté les accusations reprochant à l’armée syrienne d’avoir procédé à des exécutions en masse. (apic/cip/jt/kpr/pr/cor)