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    Liban: les enfants orphelins dans "les villages s.o.s" (190788)

    Un symbole d’unité pour le Liban déchiré

    Fribourg, 19juillet(APIC) La guerre du Liban entraîne avec les victimes

    qu’elle provoque une augmentation toujours plus douloureuse d’enfants

    orphelins, de cas sociaux et d’enfants abandonnés. Certains sont pris en

    charge par l’"Association libanaise des villages d’enfants s.o.s". Deux de

    ces villages ont été fondés au Liban et un troisième est en train de naître

    pour être à même de répondre aux besoins causés par le conflit. De passage

    en Suisse, la directrice de l’"Association libanaise des villages d’enfants

    s.o.s", Amal Sawaya a été interviewée par l’APIC. Elle raconte comment ces

    enfants sont recueillis et comment se déroule leur vie au village. Un premier bilan de cette expérience née au Liban il y a presque vingt ans peut

    déjà être dressé.

    "Les villages d’enfants s.o.s" ont été fondés par l’autrichien Hermann

    Gmeiner après la deuxième guerre mondiale. L’Europe sinistrée a vu naître

    de plus en plus de ces villages. Actuellement il sont répandus dans le

    monde entier, dans les pays en guerre et dans le Tiers-Monde: en Afrique,

    en Amérique latine, en Asie . "le Proche-Orient, à lui seul, en compte quatorze" affirme Amal Sawaya. Le premier "village d’enfants s.o.s" au Liban,

    dans la région de Bhersaf, à 27 kilomètres de Beyrouth, a été inauguré en

    1969, pour accueillir des cas sociaux et des orphelins. Un autre village de

    ce genre, dans la région de Sferaï au sud du Liban , a été construit en

    1981 afin de répondre aux demandes d’admissions croissantes dues à la guerre. Un troisième village va être créé dans le nord du Liban, une région

    beaucoup plus calme.

    L’organisation des "villages s.o.s"

    "Les enfants du "village s.o.s" sont généralement des orphelins de père

    et mère, des cas sociaux, des enfants plus ou moins abandonnés de tous les

    âges", relève la directrice de l’association. "Comme l’organisation de ces

    villages est absolument indépendante de tout parti ou de toute appartenance

    religieuse ou autre organisation, nous avons des enfants de toutes les religions libanaises" souligne Amal Sawaya. Ils vivent dans des maisons individuelles en groupes mixtes de huit à dix personnes. Chaque groupe d’enfants est pris en charge par une "mère s.o.s" qui adopte pleinement ces enfants. Elle est alors chargée de les éduquer dans leur religion. Il se forme alors une "famille".

    "Les personnes connaissent en général l’existence des "villages s.o.s",

    poursuit-elle, ils nous communiquent le nom d’enfants abandonnés, orphelins. Nous recevons des demandes et le directeur du village avec une "mère

    s.o.s" mènent une enquête", explique la directrice de l’association libanaise." Puis les membres de la commission pédagogique, dont Mme Sawaya est

    aussi membre, examinent le cas et décident de l’admission de l’enfant au

    "village". Sont acceptés avant tout les orphelins de père et de mère, en

    second lieu ceux qui ont perdu leur mère , rarement les orphelins de père

    seulement, et enfin les cas sociaux.

    Un des rares symboles de cohabitation pacifique

    Au Liban, les "villages s.o.s" sont formés de dix maisons familiales,

    soit un total de 80 personnes environ par "village". Les enfants qui vivent

    en "famille" sont regroupés selon leur religion, ce qui facilite leur éducation religieuse. Ils fréquentent tous une école en dehors de leur village. Ces écoles sont chrétiennes et acceptent tous les enfants sans distinctions et les respectent dans leur appartenance religieuse. La cohabitation

    des enfants entre eux est très fraternelle, relève la directrice de l’association, ils ne font pas de différence. Au niveau des adultes travaillant

    dans l’organisation du village , qui appartiennent à des communautés religieuses différentes, il n’y a aucun problème. Ainsi, "la vie de ces enfants

    en communauté est un des rares symboles, à pouvoir donner du Liban une image d’avant-guerre, qui prouve qu’une cohabitation pacifique est possible"

    estime Amal Sawaya.

    Les "villages s.o.s" reconnus comme signe de paix

    "Ce n’est pas pour rien que l’association a été reconnue par l’ONU comme messager de Paix" poursuit-elle. A ce propos, l’exemple du village de

    Sferaï, au Liban sud, actuellement sur une ligne de confrontation est frappant: Trois cent des villages du sud du pays, dont les habitants étaient

    chrétiens, ont été vidés en une nuit, sauf le village ou est implanté le

    "village d’enfants s.o.s". "On nous demande souvent pourquoi on ne déplace

    pas les enfants qui sont dans une région aussi dangereuse: ils ne peuvent

    pas aller se promener en dehors du village, pour aller à l’école on doit

    s’assurer que les routes sont déminées... En fait ils ont décidé de ne pas

    quitter les lieux, pour se solidariser avec les autres habitants du village, qui seraient chassés à leur tour si les enfants s’en allaient."

    Un bilan positif malgré les problèmes persistants

    La première génération qui a expérimenté cette vie au "village d’enfants

    s.o.s" a grandi: certains étudient à l’Université, d’autres suivent une

    formation professionnelle, certains sont mariés. Ils ont tous une vie absolument normale, et sont totalement intégrés à l’extérieur du fait qu’ils

    sont tout au long de leur vie au "village", en contact avec l’extérieur.

    L’organisation des "villages pour enfants" mettent des foyers à la disposition des jeunes qui doivent poursuivre leurs études ou leur apprentissage

    dans d’autres villes. Il en existe deux pour l’instant, composés d’une dizaine de jeunes chacun, à Beyrouth et proche de Younieh. De plus il existe

    depuis 1986 un centre social, "Entraide", à l’intention de femmes veuves

    pour lesquelles l’éducation des enfants est économiquement trop lourdes.

    Elles reçoivent une aide financière et sont orientées professionnellement

    de sorte qu’elles deviennent petit à petit indépendantes.

    Les ressources économiques de l’organisation

    Pour subvenir au besoin de tous ces enfants, des dons effectués par des

    personnes du Liban ou provenant de l’étranger, sont une aide essentielle.

    Certains enfants sont même parrainés depuis l’extérieur. Mais les difficultés économiques sont très aiguës actuellement et tous les problèmes

    ne sont pas résolus a conclu Amal Sawaya. (apic/bcy)

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