Les chefs religieux libanais en délégation au Koweit
Beyrouth, 20février(APIC) Le patriarche maronite Nasrallah Sfeir est parti pour le Koweit dimanche 19 février en compagnie des chefs religieux des
communautés chrétiennes et musulmanes du Liban pour participer aux réunions
du Comité arabe des 7 afin d’exposer la situation libanaise. Dans son homélie dominicale et dans un discours à l’adresse d’un groupe de manifestants
chrétiens venus protester contre les combats fratricides qui ensanglantent
la communauté chrétienne, le patriarche maronite a réitéré les exigences de
l’Eglise, notamment le refus de la constitution de "mini-Etats" sous la
coupe des milices.
Mgr Nasrallah Sfeir, rappelant la position de l’Eglise, demande "la réunification d’un Liban libre, indépendant et démocratique sous un Président
de la République élu légalement et librement; l’extension de l’autorité
légale sur tout le territoire libanais; le refus de mini-Etats et de la
partition". Pour sa visite au Koweit, le patriarche a reçu un "mandat moral
absolu" de l’assemblée chrétienne réunie au siège du Patriarcat maronite à
Bkerké le samedi 18 février "pour qu’il plaide la cause d’un Liban véritablement indépendant, libéral, pluraliste, libéré de toute occupation
étrangère", communique le Centre catholique d’information (CENCA) à Beyrouth.
Lors de la rencontre de Bkerké destinée à mettre fin à la sanglante
"guerre des chefs" pour le contrôle du secteur chrétien, la position de
l’Etat a été exprimée par le général Michel Aoun, Premier Ministre par intérim, lequel s’est déclaré prêt à intégrer dans l’armée toute résistance
honorable, refusant la formation d’un mini-Etat dans l’Etat, l’imposition
d’impôts illégaux, et toutes les formes de présence armée autre que celle
de l’Etat. De son côté, le chef des milices chrétiennes Samir Geagea, à la
tête des Forces Libanaises, a défini sa position en disant qu’il mettait à
la disposition de l’armée légale toutes ses milices, et à la disposition du
gouvernement constitutionnel du général Aoun toutes les capacités économiques et sociales des Forces Libanaises.
Les observateurs voient dans ces différentes déclarations que les
chrétiens, malgré le "vent de folie" de 24 heures qui a causé la mort de
près de quatre-vingt personnes, sont, "à la base, unis dans leur objectif
de libérer le Liban de toute occupation étrangère et de l’unifier dans un
Etat pluraliste, souverain, libre et indépendant avec un souci de justice
sociale et d’égalité pour tous", relève encore le CENCA. (apic/cenca/be)