Beyrouth, 18août(APIC) Le patriarche maronite d’Antioche, Mgr Pierre Nasrallah Sfeir, a demandé une nouvelle fois le report des élections législatives anticipées organisées le 23 août au Liban sous la pression syrienne.
Le chef de l’Eglise maronite a relevé la grave crise économique que traverse actuellement le pays. Le fait d’appeler aux urnes des gens qui ont faim
"n’est pas un luxe acceptable" étant donné que cela amènera inévitablement
à l’achat des suffrages, a-t-il estimé.
Le chef de la plus influente Eglise libanaise a critiqué les candidats
qui acceptent de couvrir l’étouffement des libertés et la mise en question
des droits de l’homme. Pour les chrétiens, des élections ne sont possibles
qu’après le départ des troupes étrangères, mais pour le moins après le retour des réfugiés intérieurs dans leur lieux d’origine ainsi que la possibilté de voter ait été également donnée aux réfugiés à l’étranger.
Durant les dix derniers jours, pratiquement tous les secteurs et groupements politiques du camp chrétien ont appelé au boycott des élections ou
ont retiré leurs candidats. 4 candidats maronites indépendants ont également décidé de ne pas se présenter devant les électeurs. Les candidats
chrétiens encore en lice sont pour la plupart des ministres ou des députés
proches de Damas.
Plusieurs personnalités politiques musulmanes ont entretemps exprimé
leur scepticisme face aux élections décidées par le président Hraoui et le
premier ministre Sohl, obéissant aux injonctions de la Syrie. Les anciens
premiers ministres Saeb Salam et Selim Hoss, tous deux musulmans sunnites,
ainsi que l’ancien président du parlement Kamel el Assad, musulman chiite,
se sont également exprimés en faveur d’un report des élections et ont
critiqué sévèrement la loi électorale. (apic/kpr/mp)