estime Mgr Sfeir, patriarche d’Antioche des maronites
Rome, 7février(APIC/CIP) "Tous, chrétiens et musulmans, comprennent qu’il
est nécessaire, comme l’a indiqué le pape dans son homélie du mardi 2
février, de restituer au Liban sa physiognomie originale. Ils comprennent
qu’ils doivent continuer à vivre ensemble. Tel est leur destin": c’est ce
que déclare Mgr Nasrallah Pierre Sfeir, patriarche d’Antioche des maronites, dans une interview accordée à Radio Vatican.
Commentant l’appel lancé par le pape au cours d’une concélébration en
rite syro-maronite auquel il a lui-même participé le mardi 2 février, Mgr
Sfeir a déclaré que treize ans de guerre fratricide avaient permis de
comprendre de part et d’autre qu’il n’y a pas d’avenir pour le Liban sans
la convivance.
"Si l’on parvient a unifier le Liban, a ajouté le patriarche, le pays
devra nécessairement changer sa physionomie. Et les chrétiens pourraient
alors être tentés de quitter le pays, ce qui serait une perte pour la
chrétienté, pour le Moyen-Orient et pour le monde entier, car le Liban
avait constitué jusqu’ici un modèle de convivance pacifique entre membres
de diverses religions, en particulier entre chrétiens et musulmans."
Pour Mgr Sfeir, la guerre actuelle n’est pas le fait des Libanais, dont
certains ont été manipulés. la présence des étrangers est considérable: "il
est connu que sur le territoire libanais opèrent quatre forces étrangères".
Tout d’abord les Syriens, avec une armée de 4.000 hommes, puis les Israéliens avec leurs milices, les Iraniens dont le désir est d’instaurer une
république islamique, et "enfin et surtout, il y a le problème palestinien"
qui dure depuis quarante ans.
Pour le patriarche maronite, d’autres pays sont impliqués dans la guerre, à savoir les Etats qui ont des intérêts dans le pays et sont parvenus à
manipuler les Libanais, et qui participent à cette guerre par personnes interposées. Il ne s’agit donc pas à proprement parlé d’une guerre des Libanais, estime Mgr Sfeir.
A propos du problème palestinien, qui a été abordé par le pape cette semaine lors des visites du roi Hussein de Jordanie et du président égyptien
Hosni Moubarak, puis indirectement lors de la visite d’un représentant de
l’O.L.P., qui a rencontré Mgr Achille Silvestrini, Mgr Sfeir indique que le
Liban, malgré sa petite superficie, a accueilli environ 600.000 Palestiniens. Ceux-ci, ajoute-il, ont évidemment droit à une patrie, mais le Liban
ne peut assumer seul cet accueil. "Le problème palestinien ne peut se
résoudre aux dépends du Liban", conclut le patriarche maronite.
(apic/cip/bd)