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    Liban: "La guerre n’est pas le fait des Libanais," (070288)

    estime Mgr Sfeir, patriarche d’Antioche des maronites

    Rome, 7février(APIC/CIP) "Tous, chrétiens et musulmans, comprennent qu’il

    est nécessaire, comme l’a indiqué le pape dans son homélie du mardi 2

    février, de restituer au Liban sa physiognomie originale. Ils comprennent

    qu’ils doivent continuer à vivre ensemble. Tel est leur destin": c’est ce

    que déclare Mgr Nasrallah Pierre Sfeir, patriarche d’Antioche des maronites, dans une interview accordée à Radio Vatican.

    Commentant l’appel lancé par le pape au cours d’une concélébration en

    rite syro-maronite auquel il a lui-même participé le mardi 2 février, Mgr

    Sfeir a déclaré que treize ans de guerre fratricide avaient permis de

    comprendre de part et d’autre qu’il n’y a pas d’avenir pour le Liban sans

    la convivance.

    "Si l’on parvient a unifier le Liban, a ajouté le patriarche, le pays

    devra nécessairement changer sa physionomie. Et les chrétiens pourraient

    alors être tentés de quitter le pays, ce qui serait une perte pour la

    chrétienté, pour le Moyen-Orient et pour le monde entier, car le Liban

    avait constitué jusqu’ici un modèle de convivance pacifique entre membres

    de diverses religions, en particulier entre chrétiens et musulmans."

    Pour Mgr Sfeir, la guerre actuelle n’est pas le fait des Libanais, dont

    certains ont été manipulés. la présence des étrangers est considérable: "il

    est connu que sur le territoire libanais opèrent quatre forces étrangères".

    Tout d’abord les Syriens, avec une armée de 4.000 hommes, puis les Israéliens avec leurs milices, les Iraniens dont le désir est d’instaurer une

    république islamique, et "enfin et surtout, il y a le problème palestinien"

    qui dure depuis quarante ans.

    Pour le patriarche maronite, d’autres pays sont impliqués dans la guerre, à savoir les Etats qui ont des intérêts dans le pays et sont parvenus à

    manipuler les Libanais, et qui participent à cette guerre par personnes interposées. Il ne s’agit donc pas à proprement parlé d’une guerre des Libanais, estime Mgr Sfeir.

    A propos du problème palestinien, qui a été abordé par le pape cette semaine lors des visites du roi Hussein de Jordanie et du président égyptien

    Hosni Moubarak, puis indirectement lors de la visite d’un représentant de

    l’O.L.P., qui a rencontré Mgr Achille Silvestrini, Mgr Sfeir indique que le

    Liban, malgré sa petite superficie, a accueilli environ 600.000 Palestiniens. Ceux-ci, ajoute-il, ont évidemment droit à une patrie, mais le Liban

    ne peut assumer seul cet accueil. "Le problème palestinien ne peut se

    résoudre aux dépends du Liban", conclut le patriarche maronite.

    (apic/cip/bd)

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