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    Liban: L’assemblée des évêques maronites dénonce violemment la loi électorale 2000

    Appel à une "intifada éthique" contre une "loi inique"

    Beyrouth, 13 mai 2005 (Apic) L’assemblée des évêques maronites du Liban a violemment dénoncé la loi électorale 2000 et appelé à une "intifada éthique" contre une "loi inique". Cette loi électorale de l’an 2000 doit servir de base aux élections législatives prévues à partir du 29 mai.

    Selon les évêques maronites libanais, cette loi "viole le principe de la coexistence islamo-chrétienne" figurant comme principe intangible dans la Constitution libanaise. Réunis en assemblée extraordinaire à Bkerké (siège du patriarche maronite, près de Beyrouth) en milieu de semaine, l’Assemblée des évêques maronites a affirmé qu’insister pour organiser des élections législatives dans le cadre de cette loi électorale inique aura des "conséquences néfastes que nous ne voulons ni ne souhaitons".

    Réunis sous la présidence du patriarche Nasrallah Boutros Sfeir, les évêques maronites ont analysé la loi électorale de l’an 2000, que beaucoup de Libanais, et en particulier les communautés chrétiennes, considèrent comme "une loi inique inapte à refléter leur opinion et qui les prive de la possibilité d’élire les députés qui les représentent fidèlement". Ils relèvent que cette loi a été forgée à une époque qu’ils ne souhaitent pas évoquer (la domination syrienne sur la politique libanaise, ndr). Elle a été acceptée par les Libanais "à leur corps défendant", étant convaincus qu’elle ne reflétait ni leur opinion ni leur choix.

    Parité entre députés chrétiens et musulmans

    Ils se sentaient à l’époque impuissants à la rejeter, mais ils ont été témoins des "déformations qui ont accompagné les scrutins législatifs", de la "falsification et la subornation (qui) ont vicié la saine représentativité des députés". Pour les évêques maronites, les résultats de cette loi sont en contradiction avec l’accord d’entente nationale de Taëf devenu la Constitution libanaise.

    Cette Constitution prévoit une parité dans la représentation parlementaire entre députés chrétiens et musulmans, dans la diversité de leurs composantes, "ce qui accorde à chaque grande confession 64 députés", précisent les évêques dans leur communiqué. Mais dans les faits, les chrétiens ne peuvent élire que 15 de ces 64 députés. Le reste, une cinquantaine de députés, est élu par les musulmans, "ce qui est une entorse évidente à l’esprit de l’accord de Taëf qui prive de légitimité tout ce qui contredit le principe de la coexistence islamo-chrétienne".

    Les évêques maronites estiment que les députés chrétiens élus par un bloc musulman dans la grande circonscription ne peuvent pas représenter leurs électeurs chrétiens. "Ils représentent leurs têtes de listes et sont contraints d’adopter les positions de leurs listes et non celles de leurs électeurs chrétiens". C’est pourquoi les évêques maronites avaient préconisé la petite circonscription, "qui permet aux chrétiens et aux musulmans d’élire librement leurs représentants, qu’ils connaîtraient de près et dont ils seraient convaincus qu’ils les représenteront fidèlement".

    Les prélats maronites considèrent qu’organiser les élections législatives sur la base de la loi de l’an 2000 "est une injustice". Ils ont été rejoints dans leur protestation par les Arméniens orthodoxes, qui considèrent eux aussi que la loi électorale de l’an 2000 est "inadmissible et faussera la représentativité de la prochaine Chambre". Le catholicos de Cilicie, Aram Ier, a lui aussi demandé que la loi de 2000 soit revue. (apic/org/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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