Liban: des chrétiens appellent au secours (200988)
"Empêcher un génocide politique"
Beyrouth, 20 septembre(APIC) A la veille de l’élection présidentielle du
23 septembre, une fraction importante des chrétiens libanais rejette le
candidat "proposé" conjointement par la Syrie et les Etat-Unis. Les chrétiens libanais "comptent sur la solidarité de leurs amis, pour sauver ensemble la liberté, la démocratie et la décision de leur pays et empêcher un
génocide politique semblable à l’agression du régime nazi contre l’Autriche", peut-on lire dans un appel lancé mardi 20 septembre par le Centre
catholique d’information du Liban (CENCA) à Beyrouth. Les chrétiens reprochent aux Etats-Unis, "grand pays qui se dit défenseur des libertés et des
droits de l’homme", d’avoir avalisé le choix syrien.
La visite d’une délégation américaine, conduite par Richard Murphy du 15
au 18 septembre, à Damas et à Beyrouth, quelques jours avant l’échéance des
élections présidentielles libanaises, a suscité de fortes réactions dans le
camp chrétien. Richard Murphy a communiqué aux autorités libanaises politiques et religieuses la volonté impérative du gouvernement syrien d’imposer
au parlement libanais un candidat unique.
"Il est choquant de savoir que le représentant d’un grand pays, qui se
dit défenseur des libertés et des droits de l’homme, ait accepté cette logique selon laquelle les députes libanais seront acculés à voter pour un
candidat unique, sinon, a dit Richard Murphy, le pays sera conduit au chaos
et à la partition", relève le Centre d’information catholique.
Le CENCA dénonce en outre le fait que selon la volonté syrienne, la
séance de l’élection devra avoir lieu dans le vieux bâtiment du Parlement
abandonné depuis 12 ans et situé à Beyrouth-Ouest, zone sous contrôle syrien. Cela met la liberté et la sécurité des députés en jeu, estime encore
le Centre d’information catholique.
Les chrétiens libanais dénoncent également l’attitude syrienne, considérée comme "une ingérence flagrante dans les élections présidentielles libanaises et une violation des principes les plus simples et les plus fondamentaux de la dignité et de la démocratie d’une nation libre, membre fondateur des Nations Unies."
Si l’objectif du gouvernement syrien venait à se réaliser, poursuit l’appel, "le Liban, en tant qu’unique démocratie pluraliste en Orient, serait
conduit à la partition et par la suite à la disparition; ainsi donc la partition, objet du plan syrien, sera imputé injustement aux chrétiens qui
s’opposent et résistent à l’hégémonie syrienne depuis 14 ans de guerre".
Appel du cardinal Decourtray
De son côté, le cardinal Albert Decourtray, président de la Conférence
épiscopale française, vient de lancer un appel dans lequel "il attire l’attention de nos sociétés démocratiques sur les atteintes à la liberté dont
le peuple libanais est victime". Il demande à tous les catholiques de prier
et d’organiser des veillées de prière pour la paix et la liberté au Liban.
(apic/sgef/cenca/be)