"Trop de violence, de censure, d’enlèvements. Pas assez de réconciliation"
Beyrouth, 6mars(APIC) Le Conseil des prélats maronites du Liban, que
préside Mgr Nasrallah Sfeir, a passé en revue la situation prévalant dans
le pays lors d’une réunion le 3 mars. A l’issue de celle-ci, le Conseil a
diffusé un communiqué ou il met l’accent sur la politique dans les écoles,
les enlèvements, les graves incidents des Territoires occupés par Israël et
la censure.
Au sujet de la politique dans les écoles, le communiqué rapporte que
certains directeurs d’écoles se sont plaints de l’ingérence dans l’administration de "cellules" politiques créés parmi les élèves par les milices
et les partis. Le Conseil épiscopal a alors dénoncé la pratique qui consiste à mêler les étudiants dans des affaires qui les détournent de leurs
études disant:
"Il est connu que les ressources du Liban sont culturelles. En effet,les
parents, enseignants et écoles font tout leur possible et consentent des
sacrifices pour assurer la culture aux générations futures. En conséquence,
tout ce qui détourne l’attention de l’écolier et l’empêche de poursuivre
ses études, surtout durant ces années troubles caractérisées par la dévalorisation du niveau de l’enseignement, ne sert ni la culture ni l’enseignement. Pas un Libanais ne veut que disparaissent les particularités culturelles du Liban."
Pour ce qui est de la libération des fonctionnaires de l’UNRWA, le communiqué du Conseil des prélats maronites considère que c’est une bonne initiative. Il souhaite "qu’elle soit suivie d’autres démarches débouchant
sur la remise en liberté de tous les détenus au Liban". De plus, se
référant à l’enlèvement au Liban Sud le 2 décembre 1987 du Père Khalil Semaan, curé maronite âgé de 60 ans, le communiqué dit:
"La détermination à détenir le Père Khalil Semaan en otage ne favorise
pas le processus de décrispation de la tension dans le pays."
Au sujet des graves incidents dont la Cisjordanie et Gaza sont le
théatre depuis trois mois, le communiqué pense que ces événements "prouvent
l’hypothèse selon laquelle la violence, loin de régler des problèmes, les
complique davantage. Le monde tout entier a réprouvé ces procédés portant
atteinte à la dignité de l’être humain. La conscience mondiale réclame une
solution équitable à cette question".
Le communiqué rappelle les accrochages survenus à Jezzine et à l’est de
Saïda dont ont été victimes huit citoyens innocents appartenant à une même
famille à Saydoun. Pour les prélats maronites, ces accrochages "suscitent
de l’inquiètude et incitent à la prudence."
Enfin, le communiqué se réfère à la censure exercée sur le communiqué de
Bkerke du 17 février 1988 dénonçant l’exécution de 2 miliciens des Forces
libanaises condamnés par les autorités de leurs milices. A ce sujet les
évêques rappellent que "le fait d’amputer un passage du communiqué diffusé
par Bkerke en date du 17 février constitue une atteinte à la liberté d’expression".
Les évêques concluent leur communiqué par une prière: "la période du
carême doit nous encourager à retourner à Dieu et à nous réconcilier avec
notre prochain". (apic/cenca/bd)