"La patrie appartient à tous, pas à une faction donnée"
Beyrouth, 17février(APIC) "La patrie appartient à tous, pas à une faction
donnée; que les belligérants craignent donc Dieu et cessent de se battre",
a lancé jeudi Mgr Nasrallah Sfeir, patriarche maronite du Liban, avant de
réussir durant la nuit à obtenir un cessez-le-feu entre les milices
chrétiennes des Forces libanaises commandées par Samir Geagea et l’armée
libanaise aux ordres du général Michel Aoun.
Les combats interchrétiens qui ont débuté il y a une semaine ont fait,
selon le Centre d’information catholique (CENCA) à Beyrouth, 75 tués, dont
un bon nombre de civils, 189 blessés ainsi que d’importants dégâts matériels. La population chrétienne de Beyrouth-Est est de plus profondément
traumatisée par ce combat pour le contrôle du pouvoir.
Libérer le citoyen de l’arbitraire des milices
De l’avis des observateurs, l’arrière-fond de ces affrontements est la
lutte entre les milices chrétiennes et l’Etat, représenté par le général
Aoun. Ce dernier veut unifier le pays dans un pluralisme libéral et démocratique et souhaite libérer le citoyen après 14 ans de guerre, des impôts
illégaux et des exactions des milices qui cherchent à établir un "miniEtat" sous leur contrôle.
Le CENCA relève encore que la terreur chez les habitants de Beyrouth-Est
ne les empêche pas d’exprimer leur pressante envie "d’en finir" une fois
pour toutes avec les exactions dont ils souffrent depuis des mois.
C’est dans ce contexte politique que le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, a d’abord lancé un appel aux "frères ennemis" afin qu’il soit
mis un terme aux combats fratricides. Il a menacé de faire sonner le glas
dans tous les villages chrétiens du Liban si les affrontements ne prenaient
pas fin. "Dans l’enfer des combats sanglants qui se déroulent en tous
points des régions chrétiennes situées à l’Est et au Nord de la capitale,
et par pitié pour les civils innocents, nous appelons instamment les frères
ennemis qui se battent d’arrêter immédiatement les tirs afin de laisser le
champ libre pour les bons offices des médiateurs qui s’efforcent de mettre
un terme à ces incidents tragiques que vivent les Libanais et éviter un
surcroît de victimes; les vies humaines sont un don de Dieu et ne sont pas
à la merci des belligérants, et la patrie n’appartient pas à une faction
donnée, mais à tous!".
Une commission militaire mixte groupant des représentants des 2 parties
a réussi à obtenir un désengagement des combattants durant la nuit du 16 au
17 février. Le patriarche a été au centre des pourparlers et une réunion a
regroupé autour de lui vendredi après-midi le chef des milices chrétiennes
Samir Geagea et le représentant du général Aoun, Premier Ministre par intérim et commandant en chef de l’armée. (apic/cenca/be)