Lettre de Jean Paul II aux prêtres (250388)
Rome, 25 mars (APIC/CIP) C’est une invitation à approfondir leur lien spirituel avec Marie que Jean Paul II adresse aux prêtres Lettre de Jean Paul II aux prêtres (250388). "Il convient qu’en cette année, vécue par toute l’Eglise comme
Année Mariale, soit rappelée - à propos de l’institution de l’eucharistie
et, en même temps, du sacrement du sacerdoce - la réalité même de l’Incarnation", explique le pape dans cette lettre, publiée à Rome ce vendredi 25
mars.
Si Marie n’était pas présente à la dernière Cène, elle était au Calvaire
ou, fidèle au "fiat" prononcé à l’Annonciation, elle a souffert cruellement
en s’associant au sacrifice de son fils, écrit Jean Paul II. Et Jésus, au
moment de sa mort, donna sa mère au disciple Jean, qui avait reçu au
Cénacle le pouvoir de célébrer le sacrifice eucharistique. Cela, dit le
pape, "a pour chaque prêtre une éloquence particulière".
Avec le Concile, le pape présente Marie comme "modèle de l’Eglise dans
l’ordre de la foi, de la charité et de la parfaite union au Christ", et
montre que l’Eglise devient à son tour une mère, engendrant à "une vie nouvelle et immortelle des fils conçus du Saint-Esprit et nés de Dieu". Il
évoque la "paternité dans l’Esprit" par laquelle les prêtres vivent cette
"maternité spirituelle", "un trait caractéristique de notre personnalité
sacerdotale qui en exprime précisément la maturité apostolique et la fécondité spirituelle". Le pape invite les prêtres à accueillir Marie comme le
fit Jean au Golgotha, à "permettre à Marie de prendre demeure "dans la maison" de son sacerdoce sacramentel comme Mère et Médiatrice de ce "grand
mystère (cf Ep 5, 32) que nous désirons tous servir par notre vie".
Après avoir souligné que l’analogie entre l’Eglise et Marie "a une éloquence particulière pour nous qui lions notre vocation sacerdotale au célibat", le pape invite les prêtres à "découvrir d’une manière nouvelle le
problème de la dignité et de la vocation de la femme". Puis il propose une
méditation sur l’Eglise et sa mission à partir de la doctrine conciliaire,
soulignant que la figure de la Mère de Dieu appartient à l’ensemble de cette doctrine. A propos de la parole du Christ: "Je ne vous appelle plus serviteurs, ... mais je vous appelle mes amis", il montre que cette amitié
oblige et que, avec l’aide de Marie, elle doit "provoquer une crainte salutaire, un sens plus grand de la responsabilité, une disponibilité bien plus
grande à donner tout ce dont on est capable...".
Jean Paul II évoque encore la "femme enveloppée de soleil" dont parle
l’Apocalypse, qui continue à prendre part à la victoire du Bien sur le Mal,
un combat que mène l’Eglise. "Le sacerdoce, qui a son origine à la dernière
Cène, écrit-il, nous permet de participer à cette transformation essentielle de l’histoire spirituelle de l’homme. Dans l’eucharistie, en effet, nous
présentons le sacrifice de la Rédemption, le même sacrifice que le Christ
offrit sur la Croix "avec son propre sang". Par ce sacrifice, nous aussi,
ses dispensateurs sacramentels, avec tous ceux que nous servons par sa
célébration, nous entrons continuellement dans le temps décisif de ce combat spirituel qui, suivant le livre de la Génèse et l’Apocalypse, est en
rapport avec la "femme". Dans cette lutte, elle est totalement unie au
Rédempteur. C’est pourquoi notre service sacerdotal aussi nous unit à Elle:
à Elle qui est la Mère du Rédempteur et le "modèle" de l’Eglise. Ainsi tous
demeurent unis à Elle dans cette lutte spirituelle qui se déroule au cours
de toute l’histoire de l’homme. Dans cette lutte, nous avons un rôle particulier en raison de notre sacerdoce sacramentel. Nous accomplissons un service particulier dans l’oeuvre de la Rédemption du monde." (apic/cip/bd)