La mort est "une réalité à laquelle nous devons faire face, signe de la précarité et de la fugacité de notre vie", déclare le pape François dans son homélie préparée pour le Mercredi des cendres. Dans la journée du 5 mars 2025 son état est resté “stationnaire, sans présenter d’épisode d’insuffisance respiratoire», indique un bulletin médical publié dans la soirée.
“Le pronostic reste réservé, indiquent ses médecins”. En ce 20e jour d’hospitalisation le pontife de 88 ans «a augmenté les séances de physiothérapie respiratoire et motrice.» Hier matin, le chef de l’Église catholique a participé au rite du Mercredi des cendres, avant de recevoir l’Eucharistie. Puis il a alterné repos et travail durant la journée, appelant une nouvelle fois le curé de Gaza.
La mort est "une réalité à laquelle nous devons faire face, signe de la précarité et de la fugacité de notre vie", rappelle le pape dans son homélie du Mercredi des cendres, lue par le cardinal Angelo De Donatis, lors de la messe. Comme le veut la tradition, une procession cadencée par la litanie des saints a eu lieu en ce Mercredi des cendres sur la colline de l’Aventin entre l’église de Saint-Anselme, basilique primatiale des Bénédictins, et la basilique Sainte-Sabine, siège des dominicains. Elle a été suivie la messe qui ouvre la période de pénitence du Carême. Nombre de cardinaux résidents à Rome et de hauts responsables de la Curie romaine étaient présents.
Ne pas marginaliser la mort
L’imposition des cendres sur le front “nous rappelle qui nous sommes”, souligne le pape François dans son homélie, insistant sur la petitesse et la fragilité de l’expérience humaine. Ces limites, affirme-t-il, se vivent au quotidien dans les expériences de maladie, de pauvreté ou de souffrance de chacun, mais aussi dans le "drame de la mort".
Le pape François déplore la tendance à vouloir "exorciser" ou "marginaliser" la mort dans nos "sociétés d’apparence" contemporaines, notamment dans le langage. La mort est "une réalité à laquelle nous devons faire face, signe de la précarité et de la fugacité de notre vie", insiste-t-il.
Les "poussières toxiques" qui polluent le monde
Evoquant les cendres, le pape souligne aussi l’existence d’une "poussière subtile qui pollue le monde” à l’échelle sociale et politique. Il donne en exemple de cette petitesse humaine "l’opposition idéologique, la logique de la prévarication, le retour des vieilles idéologies identitaires qui théorisent l’exclusion des autres, l’exploitation des ressources de la terre, la violence sous toutes ses formes et la guerre entre les peuples". Ces "poussières toxiques", souligne-t-il, "obscurcissent l’air de notre planète, empêchent la coexistence pacifique, alors que l’incertitude et la peur de l’avenir grandissent en nous chaque jour".
Retour à la réalité
Se rappeler de son humilité avec les cendres, affirme le pape, "met en évidence les aspérités de nos narcissismes, nous ramène à la réalité". Il invite à vivre le Carême non tête baissée, mais le regard levé "vers Celui qui surgit des profondeurs de la mort", le Christ ressuscité, qui "ravive les cendres que nous sommes". Citant le philosophe français Jacques Maritain, le pape François enjoint tous les chrétiens à se faire "mendiants du ciel". Il les encourage à vivre le jeûne comme l’expérience "de la faim d’amour et de vérité […] que seul l’amour de Dieu et des autres peut vraiment […] rassasier". (cath.ch/imedia/hl/cd/mp)