Les voeux du cardinal Schwery (301291)
Sion, 30décembre(APIC) C’est sur le "sens profond de la liberté" que
s’interroge le cardinal Henri Schwery, évêque de Sion, dans ses voeux qu’il
adresse "à toutes et à tous pour 1992". Des voeux que le cardinal accompagne de ces mots: "Evangélisez! Soyez non seulement annonciateurs - du bout
des lèvres -, mais porteurs - en acte -, de la Bonne Nouvelle". Pour lui,
en effet, une Europe sans dimension spirituelle serait aussi chimérique
qu’une maison construite de belles pierres et de riches matériaux assemblés
sans ciment.
L’évêque de Sion revient en outre sur "l’événement ecclésial de 1991",
le Synode des évêques sur l’Europe. "J’en suis revenu pleins les yeux, les
oreilles et le coeur du tumulte des torrents... accompagné du bruissement
de nombreuses sources vivifiantes".
Dans son message de voeux pour 1992, intitulé "Bouleversement dans les
pays de l’Est - Bouleversement... des coeurs et des âmes", Mgr Schwery évoque deux tragiques événements en 1991: "Le drame de la Yougoslavie me bouleverse! Certes la guerre du Golfe a fait son plein de destructions et de
morts. Mais elle ne m’interroge pas aussi personnellement sur le sens de la
liberté des peuples".
"Nous souffrons avec ceux qui pleurent et qui meurent. C’est cela la
Communion des saints. Par bonheur notre foi nous permet aussi de souffrir
pour eux! Notre Père commun, la clef de voûte de la Communion des saints,
ne peut pas laisser sans écho cette immense prière d’intercession. Voilà
l’espérance qui me console un peu du spectacle médiocre offert par la communauté internationale calculant, parlotant, parlementant depuis des décennies et... toujours sans autorité efficace pour le bien commun et la sécurité des populations", écrit le cardinal.
C’est donc encore dans la souffrance que se pose la question du sens
profond de la liberté. Et l’évêque de Sion d’interroger: "Faut-il avouer
qu’il y a chez l’homme, chez moi, chez nous, en Occident comme chez tous
nos frères qui se déchirent sur la planète, un fond commun d’anti-liberté?"
Au coeur de ses réflexions, le Synode a posé la question de la liberté
et de son lien, théologique et existentiel, avec la vérité et la communion
(des hommes et des peuples). Pour le cardinal, la liberté authentique n’est
que le chemin qui conduit de la fraternité à la Communion. Aux douze étoiles du drapeau sur fond d’azur, poursuit-il, "le Synode désire apporter ce
qui leur manque pour luire. Non pas comme une recette, mais comme une invitation à l’oeuvre commune qui attend pasteurs et fidèles, pour une Europe
renouvelée à la lumière du Christ". Le Synode pour l’Europe, "ce n’est pas
une simple prière rituelle. C’est une prière, certes, mais aussi une démarche pour dynamiser l’action que les croyants doivent entreprendre pour sauver l’Europe". Sans dimension spirituelle, l’Europe serait aussi "chimérique qu’une maison construite de belles pierres et de riches matériaux assemblés... sans ciment". (apic/com/pr)