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    Philippines: Un évêque dénonce l’inertie de l'Etat dans la reconstruction de l'après-typhon

    Les rescapés attendent toujours les bénéfices des programmes du gouvernement

    Manille, 24 février 2014 (Apic) Mgr Crispin Varquez, évêque catholique de Borongan, capitale du Samar oriental, aux Philippines, dont le territoire a été touché de plein fouet en novembre dernier par le typhon Haiyan, se plaint de l’inefficacité des programmes de reconstruction lancés par l'Etat. Les rescapés n’ont pas encore vu le bénéfice des actions que Manille dit avoir mises en place.

    «Je me rends très souvent dans les zones détruites, mais tout ce que je vois, ce ne sont que des habitats collectifs temporaires. C’est tout ce que le gouvernement a été capable de réaliser", déplore Mgr Varquez. L'évêque signale que rien n’a été fait en ce qui concerne la reconstruction ou la réorganisation des moyens de subsistance des gens.

    Manifestations à Manille

    Le 17 février dernier, environ un millier de rescapés sont montés à Manille pour manifester devant le palais présidentiel, rapporte Eglises d'Asie (EdA), l'agence d'information des Missions Etrangères de Paris. Emmenés par une coalition d’organisations locales, ils demandaient à être reçus par le président Benigno Aquino pour faire entendre leurs revendications. Au nombre de celles-ci figurent la distribution d’une allocation de 40'000 pesos (environ 800 francs suisses) à tous les survivants et la poursuite de la distribution des aides alimentaires.

    Les enjeux financiers "aiguisent les appétits"

    Face à ces pressions, le président Aquino a réagi en commençant par prendre les manifestants de haut. Il s’est interrogé publiquement sur la meilleure utilisation qui aurait pu être faite des fonds utilisés pour organiser le voyage des protestataires à Manille. Mais, sentant la contestation monter, il s’est rendu quelques heures, le 24 février, sur l’île de Bohol, au centre du pays, afin d’inspecter les maisons collectives qui y ont été construites.

    Soeur Edita Eslopor, porte-parole du "Tindog People’s Network" (‘Réseau du peuple qui se lève’), relève que la population locale est tenue à l’écart des programmes de reconstruction. Face aux enjeux financiers de ces actions – les estimations qui circulent vont jusqu’à 15 milliards de dollars –, "les appétits s’aiguisent", explique la religieuse.

    EdA souligne que les aides extérieures, notamment celle venant de l'œuvre d'entraide catholique Caritas, demeurent importantes. (apic/eda/rz)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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