L’Eglise catholique accusée de "désacraliser les religions indigènes"
Tromsoe (Norvège), 19août(APIC) Les peuples indigènes, autochtones et
aborigènes des Amériques, d’Europe et d’Océanie sont unanimes à repousser
toute célébration du 500e anniversaire de la "découverte" de l’Amérique. Au
cours de la VIe Assemblée du Conseil mondial des peuples indigènes (CMPI),
qui s’est terminée le 12 août à Tromsoe, en Laponie norvégienne, ils ont
lancé un appel aux Eglises afin qu’elles "ne célèbrent pas les 500 ans de
l’évangélisation". Ils ont également affirmé leur désir d’être traités comme des pesonnes et non comme de simples Indiens.
Les participants à la VIe Assemblée du CMPI ont déclaré 1992 "Année mondiale de la dignité et des droits des peuples indigènes". Dans leur appel
aux Eglises, ils accusent l’Eglise catholique romaine d’avoir "désacralisé
les religions indigènes". Ils lui demandent aujourd’hui d’accepter le maintien de leurs croyances propres: "Si l’Eglise catholique tient à nous aider, qu’elle nous aide à renforcer nos religions", précise la résolution.
Celle-ci réclame aussi "la fin du prosélytisme sous toutes ses formes" au
moment où l’on assiste à une "nouvelle invasion de religions diverses" parmi les indigènes.
Le délégué du gouvernement espagnol, Luis Yanez, a fait l’expérience de
la profondeur des plaies laissées par la colonisation. Son discours a suscité la réprobation d’une bonne partie des délégués de l’Amérique hispanique, qui ont alors quitté bruyamment la salle. Un Bolivien indigné a
commenté: "Si les Espagnols veulent célébrer la découverte de l’Amérique,
qu’ils le fassent chez eux et qu’ils nous laissent la paix !".
La propriété des terres, un problème fondamental
Les peuples indigènes sont d’accord sur un autre point: ils sont tous
confrontés au même problème fondamental, à savoir "le manque de reconnaissance par les gouvernements de leurs territoires historiques. Ainsi, à
l’origine de presque tous les maux se trouve le problème de la propriété
des terres".
Le groupe indigène qui souffre des pires conditions de vie à l’heure actuelle est le groupe des Indiens Yanomami, qui vivent dans l’Amazonie vénézuélienne et brésilienne: "On calcule que 15% des 10’000 Yanomami brésiliens sont morts au cours des deux dernières années à cause des ’garimpeiros’, ces chercheurs qui envahissent leur territoire, à la recherche d’or,
de diamants et de cassitérite. En outre, ils contaminent nos fleuves par le
mercure", explique le Yanomami David Copenawua, qui ajoute: "Les indigènes
du monde entier savent prendre soin de la nature, mais pas l’homme blanc".
(apic/spi/cor)