Fribourg, 16mars(APIC) Elle prit un jour dans ses bras une vieille dame
aveugle et à moitié paralysée. Elle lui donna son lit et se contenta, pour
elle-même, de dormir sur une paillasse au grenier. C’est ainsi que Jeanne
Jugan posa, en 1839, dans un petit village de Bretagne, les fondements de
la Congrégation des Petites Soeurs des Pauvres. Celles-ci s’apprêtent à fêter prochainement les 150 ans de leur Congrégation.
Jeanne Jugan est née à Cancale, en Bretagne, en 1792, pendant la Révolution française. Elle a cinq ans à peine lorsque son père, marin-pêcheur,
disparaît en mer. Son enfance sera pauvre, sa jeunesse laborieuse. Aidecuisinière à 18 ans au service d’un châtelain, puis aide-infirmière à 25
ans à l’hôpital de Saint-Servan, elle est recueillie, après une maladie,
par une dame qui lui offre l’hospitalité de sa maison. Elle y vivra douze
ans, découvrant autour d’elle une pauvreté qui l’obsède: sur 10.000 habitants à Saint-Servan, plus d’un tiers sont des indigents !
Le geste de Jeanne qui, à 47 ans, choisit d’héberger une infirme, aura
des suites... D’autres personnes âgées sont bientôt secourues, ce qui exige
l’occupation d’immeubles de plus en plus importants, et sourtout de l’aide.
Jeanne la trouve auprès d’autres femmes célibataires et d’un Frère hospitalier de St-Jean de Dieu. Une association est créé en 1842 et reconnue sous
le nom de Servantes des Pauvres. En 1854, l’association, devenue Institut
religieux, compte déjà 500 religieuses réparties en 36 maisons. C’est en
1879 que le Pape Léon XIII approuve les Constitutions de la Congrégation,
qui compte alors 2.400 Petites Soeurs. Jeanne Jugan meurt le 29 août de
cette même année. Mais c’est en partageant humblement la vie de novices,
pendant les 27 dernières années de sa vie, qu’elle a transmis aux jeunes le
charisme des origines. Elle a été béatifiée en 1982.
Au service de la dignité des personnes
"C’est parce que nous croyons en la dignité de toute personne humaine,
explique une Petite Soeur des Pauvres, que nous avons choisi de consacrer
notre vie à Jésus-Christ dans la solidarité avec les personnes les plus
démunies, en particulier celles qui sont âgées et meurtries par la vie. Le
fait pour elles de se sentir aimées, estimées, utiles, grâce à une ingéniosité qui fait découvrir pour chacune un centre d’intérêt, les ouvre aux autres. Dans les homes où nous les accueillons, elles peuvent ainsi trouver
une ambiance familiale de sérénité et de paix, bref une espérance."
Il y aujourd’hui quelque 4.000 Petites Soeurs réparties en 252 maisons
dans une trentaine de pays des cinq continents. Pour chacune des 30.000
personnes âgées dont elles s’occupent, elles veillent à ce que le home soit
sa propre maison. (apic/cip/mr)