Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Jubilé 2025 Année Sainte à Rome: pèlerinages et événements ouverts
    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image
    Le pape François à Marseille, en septembre 2023 © Vatican Media

    Les papes en France, une longue histoire

    En se rendant à Ajaccio, en Corse, le 15 décembre 2024, le pape François effectuera son troisième passage en France, ce qui en fera le pays qu’il aura le plus “visité” hors d’Italie. Même si, comme à Strasbourg en 2014 et à Marseille en 2023, il ne s’agit pas d’une visite officielle en France.

    Les visites de papes en France ont été nombreuses au cours de l’histoire et motivées par diverses raisons, tout d’abord dans le contexte des relations complexes entretenues entre la papauté et le Royaume de France. En 754, le pape Étienne II vient à Saint-Denis renouveler le sacre du roi Pépin le Bref auquel il associe son fils Charles, futur Charlemagne. Quelques années plus tard, le pape Grégoire IV inaugure à Saint-Denis, en présence du roi Louis Ier le Pieux, la première fête de Toussaint célébrée dans le royaume.

    Au fil des ans, plusieurs pontifes feront le déplacement en France pour chercher notamment l’appui des rois de France, comme Pascal II en 1107, Innocent II en 1131 ou bien Eugène III en 1147. Le pape Alexandre III se réfugie en France peu après son élection en 1159 pour fuir l’empereur germanique Frédéric Barberousse.

    Durant la papauté en Avignon (1309 – 1377), deux pontifes s’arrêtent à Marseille. Urbain V, ancien abbé marseillais, passe par la cité phocéenne en 1362 juste après avoir été élu sur le trône de Pierre. Grégoire XI, son successeur, patiente quelques jours à Marseille en 1376 avant de ramener la papauté à Rome.

    Pour le sacre de Napoléon

    Marseille accueille encore le pape Clément VII en 1533 à l’occasion du mariage du futur roi Henri II avec Catherine de Médicis, sa nièce. En septembre 2023, le pape François a donc été le premier pontife à marcher dans la cité phocéenne depuis cette visite de Clément VII, 490 ans auparavant.

    Plus dramatiquement, avec la Révolution française qui s’exporte jusqu’en Italie, le pape Pie VI, 80 ans, est forcé de quitter Rome en 1798. Fait prisonnier par les Français, il est détenu à Grenoble, Briançon et enfin Valence où il meurt d’épuisement le 29 août 1799.

    Son successeur, Pie VII, séjourne à Paris, entre 1804 et 1805, à l’occasion du sacre de Napoléon. Puis en 1812, le pape est retenu prisonnier au château de Fontainebleau. Sur le chemin de son retour à Rome en 1814, il traverse de nombreuses villes et villages de France où il est particulièrement bien accueilli. Il faudra ensuite attendre la fin du XXe siècle et des relations moins tumultueuses entre la papauté et l’Hexagone pour voir à nouveau un pape se rendre en France.

    Jean Paul II, un pape francophile

    Si étonnamment, le très francophile Paul VI n’a jamais pu effectuer de voyage officiel en France durant ses 15 ans de pontificat, Jean Paul II (1978-2005) l’a arpentée en profondeur, jusqu’en Outre-Mer. Dès ses études, le jeune abbé Karol Wojtyla eut l’occasion de découvrir pour la première fois l’Hexagone et Lourdes pendant l’été 1947. Conscient de la place de la France dans l’histoire de l’Église, sensible au poids de cet héritage, Jean Paul II marque dès le début de son pontificat son intérêt pour une nation qu’il estime. Le pape venu du bloc de l’Est visitera huit fois la France, ce qui fait de cette nation le pays (hors Italie) qu’il a le plus visité après sa Pologne natale, où il s’est rendu à neuf reprises.

    carte234
    carte234

    Pour sa première visite officielle, il se rend à Paris et à Lisieux le 30 mai et le 1er juin 1980. Il préside notamment une messe sur le parvis de Notre-Dame de Paris, célébration à laquelle assiste alors le président de la République Valéry Giscard d’Estaing.

    Le pape Jean Paul II revient ensuite en France, à Lourdes, les 14 et 15 août 1983, en rattrapage après l’annulation de sa venue prévue dans la cité mariale pour le congrès eucharistique de 1981, auquel il n’avait pas pu participer en raison des conséquences de l’attentat subi le 13 mai 1981 sur la place Saint-Pierre.

    Jean Paul II et le succès des JMJ

    Son troisième voyage le conduit à Lyon, Taizé, Paray-le-Monial, Ars et Annecy, en octobre 1986. En 1988, il visite les diocèses concordataires de l’est de la France en se rendant à Strasbourg et au Parlement européen, à Metz, Nancy, Mulhouse et au Mont Sainte-Odile.

    Les 1er et 2 mai 1989, sur le chemin de son voyage à Madagascar, il fait une escale à La Réunion. Du 19 au 22 septembre 1996, il visite l’ouest de l’Hexagone, en se rendant à Tours, Saint-Laurent sur Sèvre et au sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray en Bretagne. En apogée et conclusion de ce voyage controversé, le pontife, souffrant et très diminué dans sa mobilité, célèbre une grande messe à Reims à l’occasion du 1500e anniversaire du baptême de Clovis.

    Jean Paul II retournera à Paris du 21 au 24 août 1997 pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), qui rencontrent un immense succès et valent au pape un important regain de popularité. Durant son séjour, il procède également à la béatification de Frédéric Ozanam en la cathédrale Notre-Dame de Paris.

    Jean Paul II, venu comme un pèlerin malade et handicapé, reviendra enfin à Lourdes les 14 et 15 août 2004, pour son dernier voyage international.

    Benoît XVI, amoureux de la culture française

    Joseph Ratzinger a lui aussi entretenu une attention bienveillante pour la France et «la grande culture française», selon ses mots confiés lors de son voyage en France en 2008. Cette culture, admet-il devant des journalistes, aura été décisive pour son développement personnel, théologique, philosophique et humain.

    Le pontife allemand passe deux jours à Paris où il s’entretient avec le président Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Dans son discours, le chef d’État français salue la contribution de la religion chrétienne dans son pays et en appelle à une «laïcité positive». Dans l’une des prises de parole les plus marquantes de son pontificat, Benoît XVI prononce un discours au Collège des Bernardins devant 650 personnalités du monde de la culture dans lequel il met en avant le besoin de retrouver le goût du dialogue entre la foi et la raison.

    Le 13 septembre, il célèbre une messe en plein air sur l’esplanade des Invalides devant 260’000 personnes, dont le chef du gouvernement de l’époque, François Fillon.

    À Lourdes, où il se rend pour la célébration du 150e anniversaire des apparitions de la Vierge, il prie en silence devant la statue de Marie. «Le jour de la fête de Sainte Bernadette est en même temps le jour de ma naissance. De ce fait, déjà, je me sens très proche (…) de cette petite fille jeune, pure, humble», confiera-t-il.

    Le pape François à Strasbourg pour l’Europe et non pour la France

    Le pape François a posé le pied sur le territoire français pour la première fois le 24 novembre 2014, à Strasbourg, mais sans rencontrer de fidèles car il ne s’agissait pas d’une visite en France. Son très court déplacement est spécifiquement dédié à deux institutions européennes, le Parlement européen et le Conseil de l’Europe. Le pape argentin décide donc de ne pas assumer de visite pastorale dans ce diocèse concordataire arpenté par Jean Paul II en 1988, et qui sera visité par le cardinal Parolin en 2021.

    Les quelques instants du passage du pontife argentin sur le sol français sont toutefois marqués par l’accueil à sa descente d’avion par la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, qui lui demande de publier son encyclique sur le “soin de la maison commune”, Laudato si’, avant la COP21 organisée en France en décembre 2015. Fait inédit dans l’histoire de la papauté, le calendrier de publication d’une encyclique fut ainsi accéléré en appui d’une réunion internationale.

    Marseille: une consolation pour les catholiques français

    Le pape François n’a par la suite pas honoré sa promesse de revenir en France pour une visite pastorale, initialement envisagée pour 2015 ou 2016. Les invitations lancées par les présidents Hollande et Macron n’eurent pas de suite, jusqu’aux Rencontres méditerranéennes organisées à Marseille en septembre 2023. Le pape s’est alors laissé convaincre par le cardinal Jean-Marc Aveline de participer à une nouvelle édition des Rencontres méditerranéennes, dédiée à la protection des migrants.

    Après avoir longuement insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une visite spécifiquement à Marseille et non pas en France, le pape François accepte finalement de consacrer plus de temps et de relief à ce voyage. Accueilli par la Première ministre Élisabeth Borne à sa descente d’avion le 22 septembre, le pape s’entretient le lendemain avec le président Emmanuel Macron, qui assiste à la messe célébrée au Stade Vélodrome. Son «bonjour Marseille, bonjour la France», lancé au début de la messe sous les applaudissements des plus de 50’000 fidèles présents, constitue l’un de ses rares signaux adressés directement aux catholiques français.

    Ajaccio: le choix d’un diocèse de périphérie

    En réfutant en septembre dernier les rumeurs faisant état de sa venue à Notre-Dame de Paris pour son retour au culte les 7 et 8 décembre, et en préférant se rendre à Ajaccio, en Corse, le dimanche suivant en conclusion d’un colloque sur la religiosité populaire, le pape François a une nouvelle fois pris la majorité des catholiques français à rebrousse-poil.

    Son lien personnel avec le cardinal François Bustillo, évêque d’Ajaccio, constitue l’une des explications de son voyage. Il s’agit aussi et surtout d’une nouvelle étape du vaste pèlerinage méditerranéen du pape François, initié à Lampedusa dès juillet 2013, et marqué par de nombreux voyages dans des villes et pays de la Méditerranée, de la Sardaigne à Chypre en passant par la Grèce, la Sicile, Malte, l’Albanie ou encore la Bosnie.

    La présence du président de la République Emmanuel Macron au départ de l’avion du pape, ce 15 décembre, marquera toutefois la dimension proprement française de ce voyage dans un territoire qui entretient depuis plusieurs décennies des relations très complexes avec le gouvernement. Si le pape est attendu sur des paroles de compassion à l’égard des victimes de la violence, il ne devrait pas, selon nos informations, prendre position sur la question délicate du statut politique de la Corse. (cath.ch/imedia/cv/rz)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus