Lucerne, 22décembre(APIC) Les oeuvres d’entraide Action de
Carême, Pain pour le prochain, EPER, Swissaid, Caritas et
Helvetas ne sont plus seules à proposer la création d’un
"fonds de désendettement" en faveur des pays du tiers monde.
Le rapport des experts de la Confédération sur "la dette internationale", publié jeudi, rejoint la pétition "Le désendettement : une question de survie", lancée le 10 octobre par
les oeuvres d’entraide, relève l’Action de Carême vendredi
dans un communiqué.
La pétition des oeuvres d’entraide vise à faire cesser la
"saignée financière" des pays pauvres par les pays riches.
Elle est présentée dans le cadre du 700e anniversaire de la
Confédération en 1991 et préconise le rachat des dettes en
devises par un "fonds de désendettement" qui pourrait être
créé à cette occasion. Ce fonds achèterait à un prix réduit
les créances que les banques suisses et les firmes d’exportation détiennent sur les 70 pays les plus pauvres du globe.
(apic/com/eg/cor)
1.5 1.5 1.5 1.5 1.5 Pétition en vue du 700e anniversaire de
la Confédération (101089)
Les oeuvres d’entraide: 700 millions pour le désendettement
du tiers-monde
Berne, 10octobre(APIC) 500’000 enfants meurent dans le
tiers-monde chaque année à cause de l’endettement et depuis
1984, selon la Banque Mondiale, ce ne sont plus les pays riches qui financent les pays pauvres, mais l’inverse Les flux
nets d’argent s’écoulent désormais du Sud au Nord, et il
s’agit de dizaines de milliards de francs. Les oeuvres d’entraide suisses veulent que cesse cette "saignée financière"
et ont présenté mardi à Berne leur pétition "Le désendettement : une question de survie".
A l’occasion du 700e anniversaire de la Confédération, en
1991, les oeuvres d’entraide Action de Carême, Pain pour le
Prochain, Caritas, EPER, Helvetas et Swissaid demandent au
Conseil fédéral et au Parlement de mettre sur pied un "fonds
de désendettement" de 700 millions de francs. Il s’agit pour
notre pays de contribuer ainsi à la solution de la crise de
l’endettement, car la Suisse a également sa part de responsabilité.
Les pays africains parmi les plus pauvres ont versé de
1985 à 1987 à la Suisse 2,5 milliards de francs de plus que
ce qu’ils en ont reçu comme fonds commerciaux, a rappelé Hans
Ott, secrétaire central de Pain pour le Prochain, c’est-à-dire 2,5 fois la somme que la Suisse a attribuée à ces pays
dans le domaine de l’aide au développement. Dans le même laps
de temps, nous avons encore économisé 200 millions de francs
dans nos échanges avec l’Afrique en raison de la détérioration des termes de l’échange (effondrement des cours des matières premières).
Usant, pour illustrer le montant de la dette, d’une image
que le citoyen suisse comprend bien, la conseillère aux Etats
démocrate-chrétienne soleuroise Rosemarie Simmen, présidente
du Conseil d’action de l’Action de Carême, a évoqué le geste
de poser à chaque seconde un billet de mille sur la table :
il faudrait alors 63 ans pour réunir ce montant. Venue d’Antananarivo, l’économiste catholique Madeleine Ramaholimihaso,
se présentant comme "une privilégiée parlant au nom des sansvoix" de Madagascar, a décrit les conséquences directes de
l’endettement sur les populations pauvres : les ressources du
pays étant consacrées au paiement du service de la dette, les
restrictions budgétaires affectent en priorité l’éducation et
la santé (pas le budget militaire, qui a progressé de 250 %
de 1980 à 1988).
L’état sanitaire de la population se dégrade et le taux de
mortalité infanto-juvénile a progressé de 30 % entre 1983 et
1987. Les politiques d’ajustement structurel préconisées par
le Fonds Monétaire International (FMI) ont fait baisser notablement l’apport de calories par habitant. Pour avoir des
devises, les cultures vivrières sont sacrifiées au profit des
cultures d’exportation, causant également de graves problèmes
écologiques. Le rachat des créances : pas un cadeau aux
banques
La pétition préconise un rachat par le "fonds de désendettement" des dettes en devises : ce fonds achète à un prix réduit les créances que les banques suisses et les firmes d’exportation détiennent sur les quelque 70 pays les plus pauvres. Les critères de rachat ne sont pas encore élaborés, mais
auront un volet éthique considérant illégitimes certaines
dettes (contractées par des dictatures, exploitation de situations de détresse, ventes forcées, etc.). Il s’agit aussi
d’éviter de racheter à prix trop élevé certaines créances que
les banques ont déjà passées par pertes et profits.
Il sera ensuite créé un "fonds de contrepartie" du même
ordre de grandeur en monnaie locale par les gouvernements
concernés, fonds géré par des organisations non-gouvernementales (ONG) disposant d’un large appui dans la société, comme
par exemple des Eglises, des syndicats, des mouvements populaires. Il sera destiné à des projets de développement bénéficiant aux populations les plus pauvres, "à la base". De
tels fonds de développement existent déjà par ex. en Zambie
ou au Bangladesh. Ils ont l’avantage - contrairement à l’annulation pure et simple d’une partie de la dette - de profiter aux plus démunis. Ces propositions - soutenues par les
Eglises suisses et qui seront répercutées lors de la prochaine campagne de carême - ne sont pas un "remède miracle", et
elles devront être accompagnées d’autres mesures comme la
lutte contre la fuite des capitaux en provenance du tiersmonde et des relations commerciales plus équilibrées. (apicbe)