Les jeunes de Suisse romande rassemblés pour le (160990)
"Dieu comme une fête"
Jean-Paul Federneder et Jacques Berset, APIC
St-Maurice, 16septembre(APIC) C’est pour faire mémoire du martyre de
saint Maurice, légionnaire romain d’origine égyptienne, et de ses compagnons de la légion thébaine mis à mort pour la foi il y a 1700 ans, mais
également "pour découvrir la foi comme une liberté, la vie comme une joie
et Dieu comme une fête", que les jeunes de Suisse romande s’étaient donné
rendez-vous par centaines samedi et dimanche à St-Maurice.
Venus surtout du Valais, mais aussi de tous les autres cantons romands
et même de Suisse alémanique, ils étaient 400 à débuter samedi la fête de
la foi, 800 déjà pour le spectacle de la soirée. Le lendemain, foule joyeuse et décontractée, les jeunes pèlerins étaient plus d’un millier, en jeans
et basket, t-shirts ou vestes fluo, sur le champ des martyrs à Vérolliez
pour assister recueillis à la messe présidée par Mgr Mamie, évêque du diocèse voisin de Lausanne, Genève et Fribourg, et concélébrée par Mgr Salina,
Abbé de St-Maurice, entouré d’une quinzaine de prêtres. Et le courant est
passé !
Mon trésor, c’est qui, mon trésor, c’est quoi ?, a lancé Mgr Mamie aux
jeunes attentifs, en trouvant les mots qui font mouche. Evoquant les supporters qui se peignent le visage aux couleurs de leur équipe favorite,
l’évêque leur a demandé : "Quand tu vas à l’école, au collège, à l’Université, dans un magasin où tu es apprenti, dans un atelier, un salon de coiffure, un train ou une vigne, est-ce que je pourrais, rien qu’en te regardant, savoir immédiatement si tu appartiens à l’équipe de Dieu, à l’équipe
de l’Eglise ?" "J’aimerais bien, en te voyant vivre, a-t-il poursuivi, pas
seulement le dimanche à la messe, mais tous les jours, tous les soirs, mais
aussi toutes les nuits, qu’on sache que tu as un trésor que tu ne veux pas
perdre, un trésor que tu veux partager".
L’évêque a la pêche
"C’était génial, super, il a su trouver les mots, il a la pêche",
lancent de concert, à la sortie de la messe, des jeunes ravis. "On a tout
retenu, formidable", lance un autre groupe. "Cette fois-ci, on a tout
compris; d’habitude, on n’écoute pas jusqu’au bout le sermon du curé...
c’était tout à fait en rapport avec la soirée de hier!", ajoute un autre,
qui s’en va participer au scrabble géant et à la farandole qui clôt la
rencontre sur le champ des martyrs.
Et l’Abbé de St-Maurice se met à danser...
Samedi, malgré une pluie abondante qui a obligé les organisateurs à mettre à l’abri sono et régie et à transférer la fête à la salle de spectacles
du collège de l’Abbaye, l’enthousiasme et la joie étaient de la partie.
Dans son spectacle, il n’a pas fallu beaucoup de temps au chanteur français
Patrick Richard pour enflammer les jeunes. Alternant chants à thèmes et
chants demandant la participation du public, ce chantre de Dieu, avec des
mots d’aujourd’hui, a même réussi à faire danser la foule, et le moins actif n’était certainement pas l’Abbé, Mgr Henri Salina ! Asssistant au spectacle, un prêtre, ému jusqu’aux larmes, s’est écrité "Je suis ému de tout
ce qui se passe, cela vaut une prédication".
La douzaine de rencontres par groupes, en ateliers, poursuivit ce temps
fort de la foi. Chant et foi avec Patrick Richard; Humour et foi, avec
l’humoriste Alexis Giroud, prof à Bagnes; Sport et foi, avec les skieurs
valaisans William Besse, Chantal Bournissen et Heidi Zurbriggen, étaient
parmi les plus fréquentés. Pour Patrick Richard, le chant religieux est le
carrefour entre la vie et la foi. Le groupe Humour et foi invite les participants, à la suite des premiers chrétiens, à exprimer davantage la joie
dans les célébrations liturgiques, sans dépasser, naturellement, certaines
limites ! Nos skieurs, avant le départ d’une course, se sentent, quant à
eux, seuls, petits, démunis. On pense alors à plus grand que soi, à Dieu.
Alors la prière jaillit, mais non celle pour demander la réussite de la
course, mais pour être dans la paix. Puis vient le temps de faire le vide
autour de soi pour être concentré, dans la course.
Au début du spectacle du CREDO, mis en scène par Fernand Roduit, éducateur à Sion, le message de Jean Paul II adressé aux jeunes rassemblés à StMaurice, a soulevé un concert d’applaudissements. Le pape y assure les jeunes et les animateurs de sa présence par le coeur et la prière, et demande
pour chacun des participants la grâce fondamentale d’approfondir les richesses de la foi et le courage d’en témoigner auprès des autres jeunes et
des adultes. Durant le spectacle, même accueil enthousiaste pour le message
de Mgr Schwery, qui y exprime sa foi en la Résurrection et se dit, avec les
pèlerins d’Einsiedeln, uni aux jeunes par la pensée et la prière.
CREDO... je crois en Dieu. Spectacle qui reprend la proclamation de la
foi dans sa formulation, mais l’exprime ensuite dans le quotidien et le vécu des jeunes - on évoque des situations de conflits dans la famille, la
drogue, l’avortement... - par des chants et des jeux scéniques. Ainsi est
évoqué le "oui" de Marie et les oui de notre vie; Jésus qui est parmi nous
et nous le refusons; le Christ est sur nos chemins et nous roulons comme
des dingues; le Seigneur est la Vie et nous nous tuons. Suit naturellement
l’évocation du martyre de saint Maurice et de ses compagnons par une suite
chorale du chanoine Jean Scarcella, avec des paroles de François Marin. Il
ne s’agit pas d’une actualisation de la Passion des Martyrs, "ni d’un mode
d’emploi-miracle pour être plus en accord avec le Christ à l’exemple de
saint Maurice", devait préciser l’auteur, "mais quelques flashes de vie
quotidienne, un itinéraire concret vers un questionnement mystique..."
C’est "super!" Ce cri du coeur des jeunes participants au rassemblement
résume bien ce qu’ils ont vécu si intensément à St-Maurice. Et de rêver
tout haut : "Et si l’Eglise était tous les jours comme ça,... si Dieu était
une fête!" (apic/jpf/be)
Encadré
Les jeunes d’ici, des jeunes formidables
"Les jeunes de Suisse romande ? Ils sont formidables, il y a du répondant,
c’est un public en or!", lance Patrick Richard, lui qui a su si bien faire
vibrer les jeunes présents à St-Maurice. Il se définit lui-même d’abord
comme un chrétien qui chante et non comme un chanteur chrétien. Plutôt un
chrétien qui a mis son talent de compositeur au service du Seigneur qu’un
chanteur qui aurait choisi un répertoire chrétien. Ce Toulousain de 30 ans,
Breton d’adoption, a pris sa guitare après avoir découvert il y a cinq ans
"ce Dieu-quelqu’un", "ce Dieu aimant, qui attire". C’est cela qui l’a amené
à le chanter. A voir les jeunes au champ des martyrs, son enthousiasme est
communicatif.
Depuis cinq ans, Patrick Richard ne travaille plus qu’à mi-temps (il est
assistant social au Palais de justice de Brest, auprès du juge des affaires
matrimoniales, pour les divorces) afin de mettre son temps à disposition de
paroisses, pour rencontrer des groupes de jeunes chrétiens, dans les lycées
ou ailleurs. Il se réjouit de pouvoir aussi rencontrer des jeunes qui n’ont
pas fait de démarche de foi, "car il est trop facile de prêcher les convaincus". Il s’est remis dans l’Eglise, selon son expression, quand il a
compris que Dieu, "c’était plus qu’une définition, plus qu’une morale, plus
que des rites, mais avant tout une personne". (apic/be)