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    Inde: Les indigènes des îles Andaman menacés d’extinction par le tourisme

    Les Jarawas victimes de safaris humains

    New Dehli, 21 juin 2012 (Apic) Les Jarawas, aborigènes des îles Andaman-et-Nicobar, au large de l’Inde, sont menacés par un trafic touristique illégal et souvent abusif. L’ONG Survival International vient en aide à cette tribu, décimée par l’intrusion d’un mode de vie moderne, rapporte, le 21 juin 2012, Eglise d’Asie, l’Agence d’Information des Missions Etrangères de Paris.

    Jusqu’à une période récente, les îles Andaman-et-Nicobar n’étaient peuplées que de tribus indigènes isolées du monde extérieur. Dans les années 40, des colons indiens sont venus s’installer dans l’archipel. L’intrusion brutale de la modernité a mené ces peuples proche de l’extinction.

    La tribu des Jarawas suscite la plus grande inquiétude des ONG de défense des peuples indigènes. Alors que le groupe comptait près de 8’000 individus à l’époque britannique, ils sont aujourd’hui moins de 300. Ils ont été principalement décimés par les maladies importées par les colons contre lesquelles ils n’étaient pas immunisés. Ils sont également devenus dépendants du tabac, de l’alcool et de l’aide alimentaire fournie par les colons en échange de "prestations" pour les touristes.

    Forcées de danser nues pour les touristes

    Les "safaris humains" dans la réserve jarawa, comme le dénonce l’organisation "Survival International", sont devenus une attraction touristique aussi lucrative qu’illégale. Le média britannique "The Observer" fit connaître en janvier 2012 l’ampleur du désastre en publiant un reportage sur l’exploitation des Jarawas. Une vidéo accompagnant le texte déclencha une vague d’indignation en Inde et dans le monde. On y voyait de jeunes femmes jarawas nues, dansant pour des touristes sous l’injonction d’un policier, en échange de nourriture. Le scandale prit davantage d’ampleur en mars, lorsque le policier de la vidéo fut identifié comme l’un des officiers supérieurs responsables de la protection des Jarawas. La "visite privée" qu’il avait organisée révélait la banalité du trafic auquel se livrait la police, grassement payée par les tours opérateurs et les "prestataires" locaux pour les laisser emmener des touristes dans la jungle à la rencontre de la tribu.

    Protection renforcée pour les indigènes

    Cinq mois après le scandale de la vidéo, le gouvernement indien a promulgué un amendement à la loi de protection des tribus aborigènes. Le texte renforce les sanctions encourues en cas d’infraction. Pour le directeur de "Survival International", Stephen Corry, "ce sont d’excellentes nouvelles pour les Jarawas, comme pour les autres peuples des îles Andaman. Nous devons maintenant veiller à ce que cette décision soit appliquée".

    En effet, bien que l’ONG et d’autres organisations aient appelé régulièrement les touristes à renoncer à visiter la réserve, ceux-ci sont encore très peu sensibilisés aux dangers qu’ils font courir aux Jarawas. (apic/eda/rz)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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