Ils ne veulent pas servir d’"ornements folkloriques" pour les évêques
Bonn, 2juin(APIC) Les Indiens d’Amérique latine ne veulent pas servir de
simples "ornements de folklore" pour les évêques qui se réuniront cet automne à Saint-Domingue pour commémorer les 500 ans de la "découverte de
l’Amérique. Reçus lundi à Bonn par la Commission épiscopale allemande "Justice et Paix", les représentants de douze organisations indiennes de plusieurs pays d’Amérique latine ont sévèrement critiqué les festivités du
500e et surtout le fait qu’on n’accorde pas aux peuples indigènes le droit
de parler en leur propre nom.
Antonia Agreda, représentante de l’Organisation indienne ONIC, de la région de l’Amazonie colombienne, a demandé aux Eglises chrétiennes d’enfin
reconnaître la religiosité spécifique des peuplades indigènes. Elle exige
un droit de parole pour les représentants des peuples indiens lors de la
rencontre des évêques latino-américains en octobre à Saint-Domingue. "La
population indienne n’est pas prête à accepter que les évêques se servent
de nous comme de ’simples ornements folkloriques’", a-t-elle lancé. Et de
déplorer les sommes d’argent immenses qui ont été investies pour la préparation de ces festivités et l’édification de bâtiments coûteux, et qui
auraient pu servir à améliorer les conditions de vie des populations pauvres.
"Le pape doit écouter la voix du peuple"
Carlos Navejo, porte-parole d’une organisation de descendants d’esclaves
noirs des Caraïbes, a dit espérer que le pape Jean Paul II, lors de son
voyage à Saint-Domingue, entendra la voix du peuple. Il a qualifié de
"scandaleuses" les dépenses déjà effectuées par l’Etat et l’Eglise en République Dominicaine en vue des fêtes de la "découverte" du continent
latino-américain, et les a comparées à la misère de la majorité de la population. Il demande instamment aux évêques latino-américains de ne pas
interdire de parole ceux qui, comme les théologiens de la libération, défendent les intérêts du peuple.
Cette délégation indienne se trouve actuellement en Europe à l’invitation de la section allemande du mouvement catholique "Pax Christi". La rencontre de Bonn fait partie d’une visite de cinq semaines en Allemagne, en
France et en Italie. (apic/kna/ba)