Dans le cadre de sa Rétrospective 2025, l'agence IMEDIA revient sur les textes importants publiés par le pape ou par le Vatican. En 2025, le pape François n’a pas signé de grand document avant sa mort. Toutefois son successeur Léon XIV a achevé ou approuvé plusieurs textes initiés sous son pontificat.
Dilexi te, écrit à quatre mains avec François
Le premier document magistériel de Léon XIV, Dilexi te (Je t’ai aimé), est dédié à l’amour envers les pauvres. Cette ‘exhortation apostolique’, texte d’une grande autorité magistérielle mais symboliquement en deçà d’une encyclique, a été publiée le 9 octobre, soit cinq mois après son élection. Comme l’avait fait son prédécesseur avant lui, le nouveau pape a repris à son compte un document qui avait déjà été entamé sous le pontificat de François. Il s’agit d’un choix symbolique fort, puisque tous les textes en chantier à la mort d’un pape ne sont pas forcément assumés par son successeur. Les 121 paragraphes de Dilexi te rappellent aux chrétiens qu’ils ne peuvent pas aimer Dieu sans aimer «sa chair», c’est-à-dire les pauvres. Le chef de l’Église catholique exhorte à pratiquer la charité au quotidien et s’engager dans la société pour démanteler les «structures d’injustice» qui causent et entretiennent les pauvretés.
In unitate fidei, premier texte œcuménique de Léon
Quelques jours avant son premier voyage apostolique en Turquie et au Liban, qui avait notamment pour objet le 1700e anniversaire du Concile de Nicée – qui a posé les bases de la foi chrétienne – Léon XIV a publié le 23 novembre la Lettre apostolique In unitate fidei (Dans l’unité de la foi). Dans ce texte d’une grande densité, le pontife américano-péruvien appelle à surmonter les «controverses théologiques» qui ont déchiré le monde chrétien.
En commémorant en Turquie cette assemblée historique, Léon XIV a esquissé devant des représentants des Églises chrétiennes une invitation spirituelle à préparer ensemble le Jubilé de l’an 2033 – glissant l’idée d’une rencontre à Jérusalem pour les 2000 ans de la mort et de la résurrection de Jésus. Il a souhaité que les Églises qui n’étaient pas présentes, comme celle de Moscou, rallient ce mouvement. Durant son séjour, Léon XIV a aussi signé une déclaration conjointe avec le patriarche Bartholomée, exprimant sa volonté de travailler à une date commune pour la fête de Pâques, que les catholiques et orthodoxes célèbrent selon deux calendriers divergents. Depuis son élection, le pape a publié deux autres lettres apostoliques sur des thèmes particuliers: le 27 octobre sur l’éducation dans le monde actuel; et le 11 décembre sur l’importance de l’archéologie.
Deux textes du dicastère pour la Doctrine de la foi
En ce début de pontificat, le dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF) a publié deux «notes doctrinales» remarquées. La première, Mater Populi fidelis (La mère du peuple fidèle), est une mise au point sur certains titres attribués à la Vierge Marie de façon erronée – notamment ceux de «co-rédemptrice» et de «médiatrice de toutes grâces». Rome entend souligner la place particulière de la mère de Jésus dans la dévotion catholique, tout en rappelant que «seul Dieu peut donner la grâce».
La deuxième note Una Caro (Une seule chair) approfondit le bien-fondé de la «monogamie» comme principe fondateur d’un couple. Le texte répond à une demande d’évêques africains confrontés dans leur culture au phénomène de la polygamie, mais plus largement se dresse aussi vent debout contre l’adultère et le «polyamour».
Ces deux documents avaient été initiés sous le pontificat de François et ont été approuvés par Léon XIV. Un prochain texte du DDF, également demandé par le pontife argentin, est attendu sur le thème de la «transmission de la foi». (cath.ch/imedia/ak/lb)