Un nouveau livre pour savoir (221091)
où en est le catholicisme français
Paris, 22octobre(APIC) 80% des français se disent catholiques et pourtant
s’éloignent de plus en plus de la pratique religieuse: c’est le paradoxe
que relève le quotidien catholique français "La Croix" à partir d’un nouveau livre intitulé "Les Français sont-ils catholiques" écrit par quatre
sociologues des religions, Guy Michelat, Julien Potel, Jacques Sutter et
Jacques Maître.
"La constance des résultats depuis près de quarante ans a de quoi surprendre les scrutateurs de la société française. Alors que l’Eglise assiste
à une lente et inexorable érosion de son influence, alors que la pratique
ne cesse de baisser, que les prescriptions morales sont peu suivies, les
Français s’obstinent, lorsqu’on vient les sonder, à se déclarer catholiques
à 80%", écrit "La Croix" en relevant que ce nouveau livre se propose de
vérifier le sens de cette appartenance.
Le concept de catholique renvoie de plus en plus à une pluralité d’attitudes, de comportements et même de non-croyance. Qui est catholique? se demande le quotidien français: les 29% de Français qui vont à la messe occasionnellement ou régulièrement? Les 72% qui souhaitent un enterrement religieux? Les 64% qui affirment que Jésus-Christ est le fils de Dieu?
D’après l’enquête réalisée par les quatre sociologues, s’affirmer catholique peut très bien se résumer à mentionner ses racines sans que, pour autant, cette affirmation renvoie à un engagement institutionnel ou à une
quelconque croyance. Dès lors, le livre s’attache à mettre en évidence, à
l’intérieur du groupe de ceux qui se disent catholiques, des sous-ensembles
organisés et cohérents. Ainsi trois sous-groupes ont été recenser: les "attestataires", petite minorité attachée à l’Eglise marquant un fort degré
d’intégration au catholicisme. Les "désenchantés", majoritaires, qui s’expriment à travers le refus des croyances, l’absence de pratique et l’éloignement de l’institution. Et, entre les deux, les "incertains", chez qui
l’adhésion est intermittante et partielle.
Ce travail fouillé mène à une constatation sans appel: "La moitié de
ceux qui se déclarent catholiques ne croient pas aux croyances spécifiques
énoncées dans le catholicisme". "L’enquête sociologique vient donc confirmer un glissement à l’intérieur du groupe catholique vers la non-croyance",
constate le quotidien catholique. Pour les auteurs du nouvel ouvrage, "le
fait de se dire catholique, pour une majorité de la population, peut très
bien n’exprimer qu’une identification culturelle". (apic/ap)
Encadré
Mgr Gérard Defois, archevêque de Sens-Auxerre, ancien professeur à l’Ecole
des hautes études pratiques de Paris, interrogé par "La Croix" au sujet des
conclusions du livre relève que "ce chiffre de 80% ne révèle pas la foi des
individus mais l’expression culturelle de leur foi". Les français seraient
donc "culturellement croyants", mais, ajoute Mgr Defois, "croyants ou non,
ils sont nourris de traditions catholiques".
Selon Mgr Defois, le décalage entre la pratique et le sentiment religieux n’est pas nouveau et "un sondage réalisé au siècle dernier aurait donné
des résultats semblables". Pour lui, le glissemnt s’opère d’une autre façon: "Aujourd’hui le problème n’est pas l’athéisme, mais le polythéisme des
croyances". Le principal handicap de l’Eglise est "le manque de prêtres,
c’est à dire d’hommes accueillants aux attentes et aux formulations actuelles même si elles sont ambiguës ou insuffisantes". Et Mgr Defois de conclure: "C’est en approndissant notre message sur le plan spirituel et mystique
que nous rencontrerons les jeunes générations". (apic/ap)