Les finances des tâches supraparoissiales du canton de Fribourg (160692)
Fribourg, 16juin(APIC) L’Assemblée de l’administration des tâches supraparoissiales du canton de Fribourg a examiné lundi soir ses comptes 91 .
Ils ont été approuvés, avec quelques froncements de sourcils, (52 voix contre 40), certains délégués contestant des réserves de fonds jugées prématurées. Unanimité par contre pour approuver les comptes de la caisse de rémunération des ministères, malgré un excédent de dépenses de 310’000 francs.
Joseph Boillat, président de la Conférence centrale catholique-romaine de
Suisse, a évoqué en fin de soirée les mécanismes du financement des tâches
pastorales de portée nationale et les nouvelles ressources à trouver pour
compenser l’engagement accru de l’Action de Carême dans le tiers monde.
La caisse fribourgeoise des tâches supraparoissiales finance toutes les
charges liées aux activités pastorales qui touchent l’ensemble du canton,
partie francophone: aumôneries cantonales, apostolat des laïcs (474’000
francs de dépenses en 1991); formation permanente ( 83’000.-); catéchèse
(343’000.-); pastorale générale (148’000.-). Ce qui est formellement une
association de paroisses contribue aussi aux charges diocésaines, romandes
ou suisses. Elle l’a fait l’an dernier à raison de 281’000.- Quant aux
frais des missions linguistiques, ils ont atteint 445’000.-. Les recettes de cette caisse sont les contributions des paroisses qui se sont montées cette année à 1’352’000.-, que les paroisses reçoivent au titre de
l’impôt à la source et qu’elles restituent à la caisse à raison de 68%.
Des réserves de fonds contestées
Les comptes 91 bouclent par un excédent de recettes de 64’279.75 francs.
Mais 40’000.- fr. ont été attribués à deux fonds de réserves nouvellement
créés dans le secteur de la catéchèse et des aumôneries cantonales. "Des
secteurs qui auront besoin de davantage de forces laïques", a commenté Frédéric Brodard, l’administrateur de la caisse. "Nous voulons répondre aux
besoins futurs". C’est la création de ces deux réserves qui a fait tiquer
quelques délégués hésitant devant une anticipation de décisions qu’il faudra prendre, mais plus tard: ces comptes bénéficiaires ne furent approuvés
que par 52 voix contre 40.
Les comptes de la caisse de rémunération des ministères par contre ont
passé la rampe à l’unanimité. Son déficit est passager: 22 paroisses ont
adhéré à cette caisse en 1991 et ne lui verseront qu’en 1992 les revenus de
leurs bénéfices curiaux. Annuellement, les mouvements de cette caisse approchent 7’000’000 de francs.
Mme Jeanine Godel, présidente, a signalé les problèmes rencontrés par le
Centre de catéchèse, dont les déficits sont chroniques et qui semble avoir
quelques difficultés à s’en tenir aux budgets prescrits. Le comité préconise une plus grande fermeté et parle de constituer un quota de postes qu’il
a d’ailleurs présenté à son budget 92. Un vote de l’assemblée a entériné
cette proposition.
Réveiller la solidarité
Président de la Conférence centrale catholique-romaine de Suisse, organisme plus connu sous son sigle allemand RKZ, Joseph Boillat a brièvement
décrit les mécanismes du financement des tâches pastorales au plan national. C’est l’Action de Carême qui a créé, dès 1961, un secteur suisse financé à partir des contributions volontaires que cet organisme reçoit. La
RKZ a été fondée en 1971. Son financement provient de chaque Eglise cantonale qui paie 1.30 fr. par catholique. Cet argent paie des organismes nationaux. La plus grosse part revient aux moyens de communications sociales.
Comme l’Action de Carême demande se retirer de ce financement suisse
pour mieux investir dans le tiers monde au service des missions et en faveur de projets de développement, la RKZ doit périodiquement examiner le
bien fondé de toutes les subventions et surtout mieux cerner les priorités
pastorales. Il s’agit aussi de trouver de nouvelles ressources. A cet effet, une campagne est en cours sur le thème "Eglise solidaire en Suisse".
En rêvant peut-être de se retrouver un jour dans la situation des catholiques allemands. Le seul diocèse de Cologne, qui comprend 2,5 millions de
catholiques, grâce à l’impôt ecclésiastique prélevé par l’évêché, a disposé
l’an dernier de 978 millions de marks!. (apic/ys/ba)