Prochaine parution d’une "note pastorale" sur la Vierge Marie
Berne, 10mars(APIC) "L’apartheid, ou qu’il soit pratiqué, se trouve en
contradiction avec l’enseignement chrétien sur la dignité inaliénable de la
personne humaine et l’égalité fondamentale de tous les hommes; pour un
chrétien, il doit même être considéré comme un péché", affirment les
évêques suisses dans une déclaration rendue publique au cours d’une conférence de presse jeudi à Berne. La Conférence des évêques a présenté à
cette occasion les résultats des travaux de sa première assemblée de l’année, du 7 au 9 mars à "Notre-Dame de la Route" à Villars-sur-Glâne. Au
cours de cette rencontre placée sous le signe de l’Année Mariale, les
évêques ont décidé de transformer le groupe de travail pour "la Mission des
femmes dans l’Eglise" en une Commission (la 13ème) de la Conférence des
évêques.
"On reproche assez souvent aux évêques de faire de la politique, a
déclaré Mgr Henri Schwery, évêque de Sion et président de la Conférence des
évêques, mais si c’est faire de la politique que de rappeler à tous ceux
qui veulent bien nous entendre - croyants ou incroyants, chrétiens ou nonchrétiens - que selon notre foi à nous, c’est la volonté de Dieu que l’homme rende ce monde un peu plus habitable, alors moi je veux bien faire de la
politique...". Interrogé sur les sanctions économiques contre l’Afrique du
Sud, Mgr Schwery n’est pas entré dans les détails techniques, mais à ce
propos, la position des évêques catholiques sud-africains est sans équivoque : ils ont présenté à plusieurs reprises - Mgr Mwemwe, l’évêque auxiliaire de Johannesbourg l’a encore rappelé à Berne lors du lancement de la
campagne de carême - les sanctions économiques comme dernière alternative à
la violence pour mettre fin à l’apartheid.
Pour une meilleure place des femmes dans l’Eglise
Ce n’est pas la démarche de la Ligue suisse de femmes catholiques - elles récoltent depuis fin janvier des signatures destinées à Jean Paul II
pour déplorer les "maigres" résultats concernant le rôle de la femme dans
l’Eglise obtenus lors du dernier Synode romain sur les laïcs - qui a poussé
les évêques suisses à élever au rang de Commission de la Conférence des
évêques le groupe de travail sur "la Mission des femmes dans l’Eglise", at-on précisé. Cette démarche est légitime, mais est-elle opportune, s’est
demandé le Père Trauffer, Secrétaire de la Conférence des évêques, qui demande si une telle démarche, au lieu de favoriser la communion dans l’Eglise ne pousse pas à la polarisation. Il aurait mieux valu, à son avis,
attendre le document de Jean Paul II sur le Synode qui va être publié sous
peu.
Cette nouvelle Commission, dont on parle depuis longtemps, n’est "ni un
lobby, ni un alibi, ni même une soupape de sécurité"; elle a pour but de
trouver à la femme toute sa place dans l’Eglise. "La question du sacerdoce
féminin est une question qui devient ennuyeuse si c’est la seule question
qui se pose, a précisé Mgr Schwery; si on la place dans un contexte général
d’abord, elle sera étudiée autrement qu’uniquement sous forme de revendication".
En ce qui concerne "l’Action Pélikan", qui a récolté plus de 5’000
signatures pour contester les critères émis par les évêques pour repourvoir
la chaire de théologie morale de la section allemande de la Faculté de
théologie de l’Université de Fribourg (ils estiment nécessaire que ce poste
soit occupé par un prêtre), Mgr Schwery a relevé qu’une telle action arrive
alors que tout est déjà réglé.
Intitulée "Marie", la quatrième "Note pastorale" de la Conférence des
évêques suisses, réalisée par Mgr Georg Holzherr, Abbé d’Einsieldn, n’est
malheureusement pas disponible en français avant plusieurs semaines. Cette
brochure de 86 pages (en allemand) donne un aperçu approfondi de l’histoire
de la doctrine mariale des premiers temps du christianisme à nos jours.
L’Abbé Holzherr a relevé qu’après le Concile Vatican II, on avait quelque
peu négligé la piété mariale, raison pour laquelle on a mis sur pied cette
Année Mariale. Ce document pastoral veut montrer quel modèle de foi la Mère
du Seigneur peut offrir au chrétien d’aujourd’hui. (apic/be)