L’Association des Conférences épiscopales du Rwanda et du Burundi (ACOREB) a déploré la fermeture, au Rwanda, de « beaucoup d’églises paroissiales et des centrales » de l’Eglise catholique, depuis 2024.
En application d’une loi de 2018 destinée à lutter contre la prolifération des lieux de culte et d’églises nouvelles, plus de huit mille lieux de cultes, églises chrétiennes et mosquées sont fermés depuis lors. Selon les autorités, c’est pour non-respect des règles de santé et de sécurité, par exemple, ils ne sont pas correctement insonorisés. Car, la nouvelle loi oblige les responsables des lieux de culte, à les installer de manière organisée, dans un environnement sûr. Elle interdit aussi l'utilisation de systèmes de sonorisation bruyants, impose aux prédicateurs, de suivre une formation théologique, avant d’ouvrir leur lieu de dévotion
En outre, l’article 10 de la loi stipule que «tout soutien financier à une organisation religieuse doit être versé dans un compte de celle-ci, logé dans une banque ou institution financière, reconnue par l’Etat». L’organisation religieuse bénéficiaire est tenue d’informer le RGB (Conseil de gouvernance du Rwanda) dans les cinq jours qui suivront la réception des fonds ou du matériel. Cette même disposition interdit aux organisations confessionnelles, de recevoir un don de personnes ou d’organisations, considérées comme terroristes ou criminelles.
Dans un communiqué publié à l’issue de leurs assises de Kibungo, les évêques de l’ACOREB ont demandé aux autorités rwandaises, la réouverture, d’au moins, des églises paroissiales et des centrales qui remplissent les conditions requises.
Insécurité en RDC
Sur le plan socio-politique, ils ont salué le début de négociations entre les dirigeants de leurs deux pays, pour normaliser leurs relations bilatérales tendues, qui a entrainé la fermeture de leurs frontières terrestres, en 2024. Ils ont regretté cette fermeture, exhortant leurs dirigeants politiques à rouvrir ces frontières, en privilégiant « la voie de la résolution pacifique et diplomatique » de leur différend, pour permettre la libre circulation des personnes, des biens et services.
Ils se sont aussi déclarés «peinés par la situation d’insécurité à l’est de la République Démocratique du Congo», marquée par des pertes en vies humaines et des dégâts matériels, ainsi qu’un afflux de déplacés et de réfugiés dans la sous-région des Grands Lacs et les pays voisins. Ils ont exprimé leur «compassion et leur solidarité avec les familles sinistrées, leur assurant de leur «proximité religieuse» dans l’espoir d’un retour rapide de la paix.
Ils ont également dénoncé les discours de haine, d’incitation à la violence, le climat de méfiance entre les Etats, et la manipulation politique des populations par différents acteurs impliqués dans des conflits.
L’ACOREB était réunie au Centre saint-Joseph de Kibungo, à l’est de Kigali, capitale du Rwanda, du 30 mars au 1er avril, pour leur assemblée plénière annuelle. Créée en juin 1981, l’ACOREB regroupe les évêques du Rwanda et du Burundi. Son but est de favoriser, à tous les échelons, les échanges d’études et d’expériences en vue d’aboutir à une concertation ecclésiale élargie au niveau de deux Conférences épiscopales. (cath.ch/ibc/mp)