A l’occasion"du Jubilé des personnes détenues célébré le 14 décembre 2025, les évêques de France visiteront ce jour-là 102 établissements pénitentiaires à travers le pays pour aller à la rencontre des prisonniers.
Comme les détenus ne peuvent pas se rendre en pélerinage à Rome, il est normal que le Jubilé viennent à eux, a expliqué Mgr Jean-Luc Brunin, évêque référent pour l’aumônerie des prisons."A ce jour, une large majorité d’évêques ont répondu favorablement à cet appel et seront présent dans 102 établissements pénitentiaires dans le pays, indique la Conférence des évêques de France (CEF).
Temps de rencontre et d’échanges, célébration de la parole ou de la messe, sacrement de la réconciliation, passage d’une porte sainte symbolique, ces moments prendront diverses formes selon les circonstances locales.
Outre les célébrations, les services diocésains d’aumônerie des prisons organiseront aussi des concerts, des ateliers bibliques, des groupes de parole etc.
Dans les paroisses on portera une attention particulière à la prière pour les prisonniers, les familles et les victimes."IL s’agit de “rappeler que chacun peut chemin vers une renaissance intérieure, même en prison”, précise"la CEF.
Contre la surpopulation carcérale
Dans le même élan, les évêques de France publient un plaidoyer en faveur de conditions de détention plus humaines. “Aujourd'hui, la surpopulation carcérale atteint un seuil historique en France. Elle contribue à une prise en charge dégradée — sentiment d'humiliation, augmentation de la violence et de l'oisiveté, perte du sens du travail pour les agents pénitentiaires. Elle empêche que les personnes détenues ressortent "meilleures" qu'au moment de leur incarcération et génère ainsi plus de récidive que de sécurité.”, déplore la CEF. Pour la société, la prison est la sanction la plus coûteuse, non seulement financièrement mais en termes de récidive, poursuit le texte. (...)Des prisons qui débordent sont des prisons qui détruisent, où l'on n'enferme pas seulement les personnes condamnées derrière des murs mais dans une déchéance désespérée, comme s'il n'y avait plus rien à attendre d'elles."
Le tout carcéral est une impasse
Devant ce constat alarmant et inquiétant, les évêques interpellent “les responsables politiques et les juges de notre pays afin que nous nous engagions délibérément sur des voies nouvelles pour exercer la justice et condamner ceux qui commettent des infractions ou même des crimes. Le "tout carcéral" est une impasse. Il existe d'autres manières de sanctionner en respectant vraiment la dignité des personnes tout en permettant un changement de comportement.”
Ré-humaniser les condamnés"
Les évêques rappellent que “si la Justice doit légitimement sanctionner les crimes et délits, la loi pose le principe d'une peine qui vise à prévenir leur réitération et à réinsérer leurs auteurs. (...) Choisir de restaurer dans leur humanité ceux qui ont failli en les aidant à assumer leur responsabilité et à envisager un nouvel avenir, c'est l'intérêt de toute la société, à commencer par les victimes.”
“Personne ne peut être réduit à l'acte qu'il a commis, quel qu'il soit. La révélation de Dieu en Jésus-Christ nous dit qu'il paye de sa personne pour nous arracher au pouvoir du mal. L'évangile nous montre à chaque page Jésus qui fait bon accueil aux pécheurs, mange avec eux, les relève, souligne la CEF. (cath.ch/com/mp)"