Les évêques américains critiquent sévèrement (070992)
"Aucune raison de célébrer le Jour du travail"
Washington, 7septembre(APIC) Les évêques américains émettent de sévères
critiques sur la situation sociale régnant aux Etats-Unis. Lors du "Jour du
travail", célébré traditionnellement le 7 septembre, Mgr James William Malone, évêque de Youngstown (Ohio), responsable des questions sociales au
sein de la Conférence épiscopale américaine, a mis au pilori la croissance
de la pauvreté.
Mgr Malone critique en outre le taux élevé du chômage, les bas salaires,
l’augmentation du travail des enfants et les réductions drastiques des aides sociales de l’Etat. "Malheureusement trop de familles n’ont aucune raison de fêter le Jour du travail", a ajouté l’évêque américain.
"Dans une société, dans laquelle on mesure d’abord le bien-être et la
liberté d’un homme à travers son travail et son revenu, des millions de
chômeurs américains se sentent marginalisés par la société. Même des familles qui ne subissent pas le chômage gagnent trop peu, déplore l’évêque.
"Elles ne peuvent pas mener une vie respectable et digne". Il veut rappeler, contrairement à l’opinion du gouvernement Bush qui prétend que la
pauvreté aux Etats-Unis reste d’abord le problème des mères qui éduquent
seules leurs enfants, que beaucoup de familles avec des enfants ont un revenu familial de moins de 9’500 francs suisses, une somme qui se trouve en
dessous du seuil de pauvreté.
Le chômage atteint un taux important et dévastateur spécialement dans
les familles pauvres d’origine hispanique et noire, a ajouté Mgr Malone.
Mais il ne fait aucun doute que beaucoup de familles blanches sont également atteintes par la pauvreté. L’évêque de Youngstown a affirmé textuellement: "Nous ne pouvons parler d’un vrai progrès aussi longtemps qu’il y aura dans notre société autant de préjugés contre les pauvres, ou si l’on
continue à présenter de faux motifs pour justifier la réduction des aides
sociales. En vérité ces mesures anti-sociales frappent les miséreux sans
qu’ils puissent exercer la moindre influence politique".
Les évêques des Etats Unis, à l’occasion de la Fête du travail, appellent tous leurs compatriotes à protéger les familles et les enfants, en
établissant un lien immédiat entre l’exigence d’un juste salaire et une
saine vie familiale. La situation économique actuelle des Etats-Unis et la
diminution des prestations sociales amènent aussi des blessures psychologiques en détruisant la stabilité des familles américaines.
35,7 millions d’Américains, soit le 14,2% de la population vivaient en
1991 en dessous du seuil de pauvreté. C’est ce qui ressort des dernières
statistiques des autorités fédérales américaines. (apic/kap/ba)