Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé le 10 juillet 2025 des sanctions contre Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits des Palestiniens, pour ses «efforts illégitimes et honteux» visant à inciter la Cour pénale internationale à agir contre des responsables, entreprises et dirigeants américains et israéliens. Une accusation qui a fait bondir Amnesty International.
« La campagne de guerre politique et économique d’Albanese contre les États-Unis et Israël ne sera plus tolérée », a déclaré Marco Rubio sur X, soulignant le soutien indéfectible des États-Unis au droit d’Israël à l’autodéfense. Il a ajouté que les États-Unis prendraient «toutes les mesures nécessaires» pour contrer les actions judiciaires menaçant leur souveraineté et celle de leurs alliés.
Le mois dernier, l’administration Trump avait déjà adressé une lettre au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, exigeant la destitution d’Albanese, l’accusant d’«antisémitisme virulent » et de «soutien au terrorisme».
Un affront honteux à la justice internationale
«Il s'agit d'une attaque éhontée contre les principes fondamentaux de la justice internationale. Les rapporteurs spéciaux ne sont pas nommés pour plaire aux gouvernements ou pour être populaires, mais pour remplir leur mandat. Le mandat de Francesca Albanese consiste à défendre les droits humains et le droit international, ce qui est essentiel à un moment où la survie même des Palestiniens dans la bande de Gaza occupée est en jeu», a immédiatement réagi la secrétaire générale d'Amnesty International (AI), Agnès Callamard.
Ces sanctions interviennent à peine quelques jours seulement après la publication d'un nouveau rapport de la rapporteuse détaillant comment des entreprises ont profité de l'occupation illégale d'Israël, de son système brutal d'apartheid et du génocide en cours à Gaza, insiste AI. «Les mesures annoncées s'inscrivent dans la continuité de l'offensive menée par l'administration Trump contre le droit international et de ses efforts pour soustraire à tout prix le gouvernement israélien de toute forme de responsabilité. Elles sont les dernières d'une série de mesures prises par l'administration Trump pour intimider et réduire au silence celles et ceux qui osent défendre les droits humains des Palestiniens», souligne l’ONG. (cath.ch/com/mp)