Les Etats-Unis dans le collimateur d’AI: un rapport accablant (081091)
8octobre(APIC) Les Etats-Unis exécutent plus de mineurs que n’importe
quel pays au monde, l’Irak et l’Iran exceptés, déclare Amnesty International (AI) dans un rapport publié le 9 octobre. Dans le reste du monde, seuls
6 autres Etats condamnent des mineurs à mort. Il apparaît que plus de 90
délinquants mineurs au moment des faits ont été condamnés à la peine capitale de 1970 à 1991. Au 1er juillet de cette année, 31 mineurs attendaient leur exécution dans les couloirs de la mort.
Par cette pratique, les Etats-Unis se mettent en contradiction avec les
normes internationales, qu’ils ont signées mais non ratifiées. En 1989, la
Cour suprême a rendu un arrêt autorisant le recours à la peine capitale. AI
considère que cette décision constitue un terrible retour en arrière, au
moment où le monde entier s’engage dans la voie de l’abolition de ce genre
de châtiment. Si l’organisation ne conteste pas la nécessité d’une punition, elle affirme que celle-ci ne doit pas se traduire par la mort. Actuellement, un peu moins de la moitié des Etats de l’Union autorisent les
tribunaux à condamner des mineurs à la peine capitale.
La plupart des mineurs condamnés proviennent pour l’essentiel de milieux
particulièrement défavorisés. Beaucoup d’entre eux n’ont pas pu bénéficier
des garanties juridiques destinées à éviter le châtiment suprême. Ils comparaissent souvent devant des tribunaux pour adultes. Cette situation est
due surtout au manque d’établissements qui leur soient spécifiquement réservés.
L’analyse des 23 cas évoqués par le rapport d’AI est révélatrice. Certains condamnés souffraient de maladies mentales du type schizophrénie ou
encéphalopathie au moment des faits. Par manque d’argent, les expertises
médicales indépendantes nécessaires n’ont pas été entreprises. Dans d’autres cas, l’âge de l’accusé n’a pas été considéré comme circonstance atténuante majeure. Enfin, dans certaines affaires, la défense a omis de présenter aux jurés d’importants éléments de preuve au moment du procès.
Dalton Prejean a été électrocuté en mai 1990 en Louisiane. A ce jour, il
est le dernier condamné mineur a avoir été exécuté aux EU. Mais il est le
neuvième à subir ce sort en Louisiane depuis le début du siècle. Ces neuf
condamnés ont quelques points communs: ils étaient tous Noirs, leurs victimes étaient toutes des Blancs et les jurys qui les ont déclaré coupables
étaient tous composés exlusivement de Blancs.
Nombre de condamnés ont eu une enfance difficile: brutalités physiques
et mauvais traitements, voir alcoolisme ou toxicomanie pour dix d’entre
eux, à l’instar de Joseph Cannon. Ce dernier a subi des sévices sexuels par
son beau-père, et son grand-père l’a violé à plusieurs reprises. Sa scolarité a été très difficile: il a souffert de troubles de la parole et d’illettrisme. Il respirait de la colle et des solvants, buvait et respirait de
l’essence. A l’âge de dix ans, on diagnostiqua une encéphalopathie organique due à sa toxicomanie. Il attend depuis 9 ans dans le couloir de la mort
au Texas, en apprenant à lire, à écrire, en étudiant la Bible, le tout par
correspondance, malgré l’absence de programmes de réinsertion pour les condamnés à mort. (apic/com/ap)