"Chercher la beauté qui est en eux"
Genève, 17juillet(APIC) Le Bureau international catholique de l’enfance
(BICE) dont le siège est à Genève vient de publier une nouvelle brochure
consacrée aux enfants de la rue. En un peu plus d’une vingtaine de pages,
l’auteur, Stefan Vanistendael qui s’occupe depuis plus de dix ans d’enfants
de la rue, tente une définition du problème et propose quelques éléments de
solutions. Son texte se situe à mi-chemin entre l’enquête journalistique et
l’analyse scientifique. Il vise à susciter la réflexion et l’engagement. Au
delà d’une assistance matérielle et technique, il faut accepter le défi de
l’amour, rappelle l’auteur.
Trois dimensions suffisent à cerner le problème des enfants de la rue:
l’âge, le temps que l’enfant passe dans la rue, et la marginalité, explique
Stefan Vanistendael. Un enfant vivant dans la rue n’est pas nécessairement
un enfant de la rue. Le phénomène existe dans tous les continents, principalement dans certains quartiers urbains. La plupart des enfants des rues
-ils sont selon les définitions et les estimations les plus restrictives au
moins plusieurs centaines milliers- vivent dans le tiers monde.
Le phénomène n’est pas récent, on retrouve des enfants des rues dans les
oeuvres de nombreux écrivains européens de Victor Hugo à Maxime Gorki en
passant par Mark Twain ou Hans-Christain Andersen. Mais la rue offre aujourd’hui un environnement différent de jadis, les menaces et les possibilités de survie ne sont plus les mêmes. Le phénomène est en fait fluctuant
selon les pays et les époques.
La pauvreté et la dissolution de la cellule familiale sont les causes
les plus évidentes du problème. Mais il faut se garder d’une analyse simpliste. Ne faudrait-il pas se demander comment tant de familles résistent à
la pression de la pauvreté et ne se désintègrent pas? s’interroge Stefan
Vanistendael.
La réponse au défi des enfants des rues? Permettre aux familles et aux
communautés de mieux prendre soin de leurs enfants. Le problème et la solution peuvent être envisagés sous forme de cercles concentriques avec l’enfant au centre. Vient un moment où il faut accepter le défi de l’amour.
Nous ne pouvons aider quelqu’un que si nous cherchons la beauté qui est en
lui. C’est particulièrement vrai pour les enfants de la rue, conclut Stefan
Vanistendael. (apic/mp)
Stefan Vanistendael: Les enfants de la rue, problèmes ou personnes? 1992,
Cahiers du BICE, Genève, Rue de Lausanne 65, tél. 022/ 731 32 48