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    Les désillusions de vingt ans d’unité de l’Eglise en Inde du Nord

    St-Jacques de Compostelle, 16août(APIC) Le pasteur Samuel Joshua ne cache

    pas sa déception. Evêque de Bombay de l’Eglise unie de l’Inde du Nord, il

    dresse un bilan amer de 20 ans d’unité. Samuel Joshua, qui s’exprimait dans

    le cadre de la 5e Conférence mondiale de Foi et Constitution, réunie à StJacques de Compostelle, s’était pourtant, comme beaucoup, réjoui de la

    création en 1970 d’une Eglise unie, née de la fusion des dénominations anglicane, presbytérienne, méthodiste et baptiste.

    Le Nord de l’Inde prenait exemple sur le sud où en 1947, la fondation

    d’une Eglise unie avait été considérée comme un événement historique et

    avait eu des répercussions profondes sur le mouvement oecuménique bien audelà du sous-continent indien.

    Pour Samuel Joshua, les résultats de 20 ans d’unité protestante se soldent par des avantages bien minimes. L’un des arguments avancés pour la fusion était que les possibilités d’évangélisation seraient beaucoup plus importantes. Mais rien n’a été suivi, aucun programme d’évangélisation d’envergure n’a été établi, déplore l’évêque de Bombay. Sur le plan liturgique,

    on attendait de la fusion que tous puissent profiter du meilleur de chacune

    des diverses traditions. Or c’est presque le contraire qui s’est produit.

    Quant aux avantages financiers qui paraissaient évidents, ils ont rapidement laissé la place aux litiges et aux contestations.

    Pourtant rappelle Samuel Joshua, tout avait été soigneusement négocié:

    les questions de l’épiscopat, des ministères et du baptême avaient donné

    lieu à des accords précis.

    Dans ces circonstances, l’évêque indien ne croit plus guère à la réalisation prochaine de l’unité visible de l’Eglise. Il va même jusqu’à contester toute recherche délibérée de ce type d’unité. Niant l’existence historique d’une Eglise indivise, il fait de l’unité visible un concept "théocratico-politique" associé à l’idée d’un peuple de Dieu séparé du reste de

    l’humanité. L’Eglise au contraire se caractérise autant par l’unité que par

    la diversité. Elle ne doit pas céder à la tentation du monolithisme, estime-t-il.

    Samuel Joshua n’en prône pas moins la communion entre les Eglises et dit

    son impatience de voir tomber les obstacles qui empêchent qu’elle soit

    pleinement réalisée. Il en rejette la responsabilité sur les "bureaucraties

    ecclésiales" qui ne cessent de dresser des montagnes, empêchant les uns et

    les autres de communier ensemble, alors que le moment est venu de s’accueillir mutuellement au repas du Seigneur. (apic/soepi/mp)

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