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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    LES "COMMANDEMENTS" DE LA COOPERATION NORD-SUD ENI-95-0206çF

    Berne, le 11 ao#t (ENIçSergio Ferrari) - Depuis quelques années, le concept

    traditionnel de la "coopération" traverse une crise profonde.

    Parallèlement à l’aggravation de la misère dans les pays du tiers monde, la

    majorité des pays développés - à l’exception des pays scandinaves - ne

    respectent pas les promesses faites au Sommet planète Terre, tenu à Rio de

    Janeiro en juin 1992.

    Les pays "développés" avaient alors déclaré qúils investiraient 0,7 % de

    leur produit national brut dans des projets de développement. La

    contribution de la majorité d’entre eux ne dépasse pas aujourd’hui 0,3 %

    et, dans de nombreux cas, elle tend à se réduire.

    D’autre part, le débat au sein des organisations non gouvernementales est

    loin d’être conclu, et les définitions de termes comme "solidarité",

    coopération" "développement" et "développement durable" n’échappent pas à

    la crise des relations déformées entre le Nord et le Sud.

    "Tu te convaincras que la finalité de la coopération est la disparition",

    ou en d’autres termes: "l’ultime preuve du bien-fondé d’un projet, c’est

    qúau moment o# les ressources sont épuisées, le projet continue de

    subsister avec des moyens et des responsabilités propres."

    C’est par cette conclusion un peu provocatrice qúa été présenté récemment

    dans plusieurs organes de la presse centraméricaine un court document

    intitulé "Les 14 commandements du bon coopérant":

    Ceux-ci, écrits dans un style similaire à celui de commandements de

    l’Ancien testament, résument l’expérience vécue dans cette région par

    Victor Vi#uales, expert-coordinateur de l’Agence espagnole de coopération

    internationale. Ce travail est devenu un point de référence incontournable

    pour la réflexion sur le thème de la coopération.

    Les maximes exprimées par le coopérant espagnol reconnaissent les

    partenaires locaux comme acteurs fondamentaux de tout processus de

    développement et sanctionnent toute tentative de l’organisme extérieur de

    s’imposer au travers de son assistance.

    "Tu laisserais le partenaire local être protagoniste du projet", tel est le

    point de départ essentiel de la réflexion de V. Vi#uales, pour lequel il

    est essentiel de "stimuler l’estime du partenaire local envers lui-même".

    En termes concrets, cela implique "de ne pas aider qui ne s’aide pas

    lui-même" et d’éviter que la coopération ne devienne une simple donation.

    "La compréhension du processus" que vivent les bénéficiaires du projet et

    la compréhension de la culture locale sont, pour l’expert, deux conditions

    ethnologiques essentielles.

    Néanmoins, cette réflexion va encore plus loin. Elle invite tous ceux qui

    sont engagés dans un projet de coopération Nord-Sud à "éviter le

    nord-centrisme", c’est-à-dire l’attitude - parfois inconsciente - qui

    consiste à vouloir reproduire toutes les valeurs et conceptions

    prédominantes dans les pays du Nord.

    L’attitude personnelle du coopérant occupe une place-clé de la réflexion.

    "Ne pas imposer, mais ne pas non plus tout accepter", "coordonner le projet

    avec des projets similaires existant dans la région" et "comprendre que

    coopérer, c’est apprendre"; telles sont les maximes-clés pour assurer la

    dignité de toute coopération "juste".

    L’expert démythifie deux concepts très en vogue dans de nombreuses

    organisations non gouvernementales, en particulier celles d’inspiration

    chrétienne. En premier lieu, il faut reconna#tre de manière claire qú"une

    relation entre une personne nécessiteuse et celle qui arrive avec son

    carnet de chèques n’est ni horizontale, ni égalitaire". Deuxièmement, le

    fait "d’être aimé par les pauvres ne doit pas devenir une clause

    essentielle", en évitant ainsi, par exemple, d’avoir des attitudes de

    charité personnelle grâce aux ressources du projet.

    "A partir de la répartition inégalitaire de pouvoir qui se produit dans la

    gestion des projets de coopération, la difficulté n’est pas d’être aimé. La

    difficulté, c’est de donner le pouvoir à la communauté, d’obtenir une

    gestion efficace du projet qui doit clairement impliquer le partenaire",

    déclare V. Vi#uales.

    En conclusion, l’objectif ultime de la coopération serait "de devenir

    inutile... Cela exige du coopérant qúil travaille dans le but de s’en

    aller, en réalisant un transfert progressif des responsabilités et de la

    prise de décision."

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