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    "Les chrétiens parmi les religions" (260488)

    Bruxelles, 26avril(APIC/CIP) Le Concile Vatican II a ammené l’Eglise à

    repenser profondément son attitude à l’égard des religions non chrétiennes,

    c’est pourquoi le livre, "Les chrétiens parmi les religions", porte d’abord

    la marque de la théologie d’après Vatican II. L’élaboration de ce volume a

    été confiée, par les éditions Desclée, au professeur Julien Ries, directeur

    du Centre d’Histoire des Religions à Louvain-la-Neuve.

    La Déclaration que le Concile Vatican II a adoptée en matière de

    religions non-chrétiennes fin octobre 1965, amorce un véritable tournant.

    Julien Ries en cite notamment cette phrase : "Dans sa mission de promouvoir

    l’unité et la charité entre les hommes et même entre les peuples, l’Eglise

    examine ici d’abord ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à

    vivre ensemble leur destinée."

    Cette attention nouvelle pour tout ce qui unit les hommes, amène nécessairement les chrétiens et les non-chrétiens à jeter un regard sur le passé

    et à s’interroger sur les diverses situations et attitudes vécues au cours

    de deux millénaires. Les questions ne manquent pas. Aux différentes étapes,

    quelle fut l’attitude des chrétiens à l’égard des autres religions? Dans

    l’optique de leurs croyances, comment ont-ils situé ou évalué les autres

    croyances? Tout au long de ses rencontres avec les autres religions, le

    christianisme a-t-il cherché à les combattre, à les soumettre ou à prendre

    leur place? Par ailleurs, les chrétiens ont-ils repris à d’autres groupes

    religieux des idées, des formulations de pensée, des rites? Quand la religion chrétienne s’est imposée grâce au pouvoir ou à la culture, quelle fut

    son attitude à l’égard des idées, des croyances, de la foi, du culte et de

    la culture des non-chrétiens?"

    Voilà donc esquissée la perspective de l’ouvrage dans lequel son auteur

    a voulu porter son attention tant aux décisions et aux réflexions venues

    d’en haut qu’aux discussions et aux comportements au sein des populations

    croyantes. Le regard est avant tout celui de l’historien spécialement intéressé à ce qui fait l’homme religieux, et principalement "l’homo

    christianus".

    Des "Actes des Apôtres" à la "Cité de Dieu"

    La première des quatre parties de l’ouvrage est deux fois plus volumineuse que les trois autres. Elle couvre les siècles fondateurs du christianisme, qui vont des Actes des Apôtres de St Luc à la Cité de Dieu de St Augustin, mort en 430. Ce sont les siècles des premiers défis du christianisme, qui doit affirmer son originalité par rapport à l’héritage juif comme

    par rapport au monde hellénistique qui l’entoure. Ce sont les siècles des

    premières polémiques et, du même coup, des premières apologies de la nouvelle religion élaborées par les Pères de l’Eglise.

    Cette période n’a pas été marquée par des polémiques voire par des

    persécutions, bien que les unes et les autres aient donné lieu à des phases

    dures. C’est surtout une période, montre le professeur Ries, ou la pensée

    et les repères chrétiens doivent s’affiner et s’élaborer davantage. Depuis

    la légitimité même de leur religion jusqu’à sa prétention à l’universalité

    pour le bonheur même des hommes, rien n’est évident. Et face aux soupçons,

    puis aux attaques extérieures, la réaction chrétienne est souvent de

    prendre le contrepied, à commencer par le refus du polythéisme "païen".

    Quelques grands penseurs chrétiens aident pourtant à discerner

    d’importantes valeurs chez les "autres". Si bien que Julien Ries peut

    écrire : "Refus total du polythéisme mais reconnaissance des valeurs

    philosophiques et symboliques de la pensée païenne sont deux

    caractérisitques de l’attitude chrétienne des quatre premiers siècles." En

    bref : "Un baptisé refuse le ghetto".

    Des invasions à la chute de Constantinople

    Du sac de Rome en 410 à la chute de la "nouvelle Rome" en 1453, c’est la

    deuxième partie du livre. Quatre grandes caractéristiques sont révélées par

    l’auteur pour cette période. D’abord l’Eglise, forte d’une culture

    chrétienne enrichie et consolidée au cours des siècles précédents, réussit

    à entrer "dans la psychologie des peuples nouveaux". Mais l’année 622, qui

    marque l’hégire ou la fondation de la première communauté musulmane autour

    de Mahomet, annonce une autre révolution religieuse. Désormais, c’est avec

    de nouveaux Fils d’Abraham que les chrétiens vont devoir s’expliquer.

    D’autre part, avec les Juifs, le ton monte et c’est dans un contexte d’opposition que partent les Croisades. L’Inquisition suivra, avec son soupçon

    insistant sur les partisans d’une pensée dualiste.

    Comme le montre Julien Ries, alors que l’Eglise apparaît de plus en plus

    comme "le véritable moteur religieux et culturel de l’Occident", la voici

    bientôt confrontée à une vision du monde, notamment chez les cathares, incompatible avec sa propre conception de la société. Affrontement complexe,

    ou se mèlent bien des influences. Dans le même temps, des formes nouvelles

    de vie chrétienne apparaissent. Sans oublier le renouveau de la pensée

    théologique, qui débouchera sur la création des universités.

    De la Reconquista aux chaires d’histoire des religions

    La troisième partie du manuel s’ouvre sur la découverte du Nouveau Monde

    pour s’achever vers 1877-80, au moment ou se créent les premières chaires

    d’histoire des religions. D’un côté, "la croisade est terminée : c’est

    l’heure de la mission", même si les missionnaires accompagnent d’abord les

    conquérants. A la fin de cette troisième période, les religions n’ont jamais autant imposé leur multiplicité. Entre le rationalisme éclairé et souvent réducteur, hérité du XVIIIe siècle et le syncrétisme peu attirant, il

    y a place pour une étude comparée des religions.

    Tout au long du XIXe siècle, un homme élève le débat : Newman. "Sa conception de l’histoire comme lieu de rencontre entre Dieu et l’homme", sa

    réflexion sur "l’entrée de l’homme dans la sphère du divin", tout en renouant avec la grande tradition des Pères de l’Eglise, marque un jalon important sur le chemin du dialogue entre les religions.

    Du Parlement des Religions à Chicago à la rencontre d’Assise

    Quatre siècles après Christophe Colomb, des chrétiens américains lancent

    l’idée d’un Parlement des Religions, qui voit le jour à Chicago en 1893.

    C’est un fameux exemple de tolérance religieuse qui est ainsi montré. C’est

    désormais un cadre nouveau de respect mutuel qui est posé pour la rencontre

    directe entre chrétiens et non-chrétiens.

    Ces efforts de dialogue entre les religions se multiplient encore au

    lendemain de la seconde guerre mondiale. L’Eglise catholique en fait une

    des interpellation majeure au Concile Vatrican II. Plus que jamais son

    atention de porte sur le problèpme de l’inculturation, c’est-à-dire de

    l’enracinement de la religion dans les cultures particulières.

    Le 27 octobre 1986, la rencontre interreligieuse d’Assise, voulue par

    Jean Paul II, vient concrétiser un espoir pour un grand nombre : celui

    d’une coopération des religions, respectées dans leurs différences, mais

    décidées à dépasser les frontières pour promouvoir la paix.

    Un véritable manuel

    Dans le domaine des relations avec les religions non chrétiennes, il y a

    une tradition dans l’Eglise. L’ouverture aux non-chrétiens proclamée par la

    Déclaration "Nostra Aetate" du Concile Vatican II, se situe au terme d’une

    longue réflexion chrétienne, commencée par les Pères alexandrins dès le IIe

    siècle, précisée et parfois occultée à cause d’événements majeurs ou inattendus. Dans cette réflexion, les grandes controverses ont constitué un

    véritable frein qui a retardé le développement de la pensée : c’est le cas

    du pélagianisme et des controverses à l’époque de la Réforme. Tout en ayant

    conscience de sa mission de promouvoir l’unité entre les hommes, l’Eglise

    n’a cessé de proclamer qu’elle doit intégrer au Christ et à son Evangile

    tout l’effort religieux de l’humanité."

    Car il s’agit bien d’un manuel, avec un exposé systématique, chapitre

    par chapitre. Comme dans les ouvrages de la série, des textes de référence

    sont proposés en cours de lecture, ainsi qu’un questionnaire de travail au

    terme de chaque chapitre. En plus de la typographie claire et variée du

    texte, un index onomastique et un autre thématique sont proposés en fin de

    volume pour en faciliter la consultation. En outre, d’abondantes indications bilbliographiques sont fournies au fil des pages pour orienter le

    lecteur dans l’approfondissement des questions abordées. (apic/cip/bd)

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