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    Nigéria: Commission d’enquête sur les violences post-électorales

    Les chrétiens contestent le choix du président

    Abuja, 16 mai 2011 (Apic) Le président du Nigéria, Goodluck Jonathan, a annoncé la mise en place une commission d’enquête de 22 membres, sur les violences qui ont fait 800 morts, à la suite de l’élection présidentielle du 16 avril, indique le quotidien nigérian, "This Day". Mais pour les associations chrétiennes, le président désigné de cette commission n’est ni neutre ni impartial.

    Cette commission est en effet présidée par Cheikh Ahmed Lemu, 82 ans, Grand Kadi (juge religieux) de l’Etat du Niger, dans le nord du pays. Les sections de l’Association des chrétiens du Nigeria (CAN) dans 19 états du Nord et celle d’Abuja contestent ce choix du fait de sa vision du christianisme.

    Dans une déclaration, elles émettent des doutes sur la neutralité du religieux musulman, appelant le président Jonathan à "envisager la mise en place, d’une nouvelle commission avec un président neutre et impartial".

    La déclaration signée par le président et le secrétaire de la CAN, Mgr Peter Jatau, archevêque émérite de Kaduna, et le frère Saidu Dogo, rappele que Cheikh Lemu est l’un des inspirateurs de l’introduction de la Charia (loi islamique) dans le système juridique des états musulmans du nord. Cette application a provoqué de nombreux heurts entre musulmans et chrétiens, qui ont fait, plus de 10’000 morts entre 2000 et 2010.

    De ce fait, il "n’est pas qualifié" pour diriger la commission. "Nous ne croyons pas que le président Jonathan ait fait le bon choix à la tête de la commission qui a une mission importante, puisqu’elle vise à mettre un terme à la crise sanglante qui continue d’empoisonner le nord du pays", souligne le texte de la déclaration.

    L’association accuse également le gouvernement fédéral, de ne pas l’avoir consultée pour désigner les représentants des chrétiens au sein de la commission. Elle déplore le fait qu’aucun chrétien des Etats de Kaduna, Bauchi, Katsina, Kano, Borno, Niger et Zamfara ne soit membre de la commission. Or, c’est précisément dans ces Etats qu’il y a eu le plus grand nombre de violences confessionnelles. (apic/ibc/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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