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    Guinée-Conakry: Des dizaines de morts lors d’une violente répression de la junte militaire

    Les chefs religieux décrètent une semaine de prière dans les mosquées et églises

    Conakry, 29 septembre 2009 (Apic) Les chefs religieux de Guinée Conakry ont décrété une semaine de prières dans les mosquées et églises du pays, afin de "préserver la paix et la quiétude sociales". Des dizaines de personnes ont été tuées depuis lundi 28 septembre 2009 par les forces de l’ordre guinéennes, lors d’une répression meurtrière d’un rassemblement de l’opposition dans un stade de Conakry.

    La déclaration des chefs religieux lue, la veille, dimanche 27 septembre, sur les antennes de la RTG (Radio télévision de Guinée) et de la plupart des radios locales, a insisté particulièrement sur la nécessité de préserver la paix et la tranquillité des populations, a rapporté le site internet : www.guineeconakry.info

    Les religieux guinéens ont appelé la junte militaire au pouvoir depuis neuf mois et les hommes politiques, au "calme et au retour à la table de négociations".

    Ils ont aussi mis en garde "les forces vives, les partis politiques, et plus particulièrement, le CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), ainsi que toutes les autorités", contre toute manifestation qu’ils ont qualifiée d’inutile en cette période de crise. Ils ont encore appelé à éviter "toute répression policière inappropriée", demandant aussi aux jeunes de prendre plus de responsabilité.

    Pour les religieux, toutes les composantes et couches sociopolitiques de la Guinée doivent se consacrer à la semaine de prière, à partir de la "date historique" du 28 septembre 2009, jusqu’au 2 octobre 2009, pour que "la paix et la quiétude sociale rayonnent toujours sur ce pays".

    Usage disproportionné de la force

    Cet appel à la prière n’a pas empêché les violents troubles de lundi. Selon des sites internet de Guinée, il y aurait au total 147 morts. Le ministre guinéen de l’Administration du territoire et des affaires politiques, Frédéric Kolié, a rejeté ce bilan. Selon lui, il y aurait une "soixantaine de morts". Dans une déclaration rapportée en fin de matinée par le site de guineeconakry, il a précisé qu’il y a eu "53 morts par asphyxie et quatre morts par balles". "Le gouvernement et la junte vont punir les fauteurs de trouble", a-t-il ajouté, au nom du gouvernement et du CNDD, instance dirigeante le pays. Il a, d’autre part, accusé l’opposition guinéenne d’être "responsable des ces évènements". "Nous avons dit à l’opposition guinéenne de suspendre cette manifestation, mais ses responsables ont refusé (...)", a-t-il conclu.

    La communauté internationale, avec en tête la France, ancienne puissance coloniale, et les Etats-Unis, a condamné l’usage disproportionné de la force contre l’opposition guinéenne, qui avait appelé à un rassemblement de protestation contre la candidature du chef de la junte militaire, le capitaine Moussa Dadis Camara (un chrétien) à l’élection présidentielle de l’année prochaine. (apic/ibc/js)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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