De janvier à septembre, l’association a recensé un nombre record "d’au moins" 762 cas de torture dans ce pays. Pour la même période de l’an passé, elle avait enregistré 508 cas, soit une augmentation de moitié d’une année sur l’autre.
Ces chiffres s’appuient sur les plaintes verbales et écrites reçues dans ses différentes branches régionales, dont plusieurs sont fermées par les autorités, précise l’IHD, principale organisation turque de défense des droits de l’homme.
Par ailleurs, le nombre de personnes poursuivies pour leurs opinions a été quasiment multipliée par huit entre les trois premiers trimestres de l’an 2000 et ceux de cette année, regrette l’IHD. Au total, 1921 personnes ont ainsi été poursuivies pour des délits d’opinion, contre 254 l’an dernier, précise le rapport.
La situation des droits de l’homme est le principal obstacle à l’entrée de la Turquie dans la future UE élargie. Le rapport sur l’avancement des pays candidats publié le 12 novembre par Bruxelles stipule que "la situation actuelle et ses répercussions sur les individus nécessite des progrès".
Amnesty International "non grata" en Turquie
Le gouvernement d’Ankara a récemment refusé à Amnesty International l’autorisation d’ouvrir une section en Turquie. Ankara ne donne aucune explication pour justifier sa décision. Tout porte cependant à croire que le refus est lié aux diverses dénonciations faites par Amnesty au sujet des violations des droits humains commises dans le pays. Le 8 novembre, l’organisation a notamment publié un rapport condamnant la pratique répandue et systématique de la torture en Turquie et l’absence de progrès dans ce secteur, en dépit des garanties fournies à plusieurs reprises par les partenaires politiques européens. (apic/ag/mna/bb)