Les autorités religieuses françaises en Croatie (131191)
Paris, 13novembre(APIC) Les responsables religieux de France ont-ils
réussi en Yougoslavie, là où les politiciens européens avaient échoué?
C’est du moins ce que laisse entendre la délégation composée des représentants des Eglises chrétiennes et des communautés juive et musulmane de
France, après un voyage de deux jours en Yougoslavie. Selon la délégation,
les présidents serbes et croates, Slobodan Milosevic et Franjo Tudjman, se
sont déclarés prêts à négocier la paix à Paris au cours d’une Conférence
qui réunirait les autorités religieuses et politiques. Cependant, aucun calendrier de rencontre n’a encore été fixé.
La délégation était composée de Mgr Joseph Duval, président de la Conférence épiscopale, du pasteur Jacques Stewart, président de la Fédération
protestante, du cheikh Tadjini Haddam, recteur de la grande mosquée de Paris, du métropolite Jérémie, président du Comité inter-épiscopal orthodoxe
en France et de Jean Kahn, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).
Le spirituel de la dernière chance
Mardi soir, à leur descente d’avion, les cinq personnalités étaient
d’accord pour reconnaître que la situation politique est "complètement bloquée". "Il me semble que les hommes politiques n’arrivent à rien et que
peut-être, en faisant appel au spirituel, à ce qu’il y a de plus profond
chez les personnes, on peut essayer de débloquer la situation", a déclaré
Mgr Duval.
Interrogé sur ses impressions sur la situation en Yougoslavie, Mgr Duval
a relevé que la peur reste l’image dominante. "Ils ont peur, ils sont fatalistes devant l’avenir, tout peut s’écrouler du jour au lendemain et ils ne
savent pas à quoi se raccrocher".
"Trop d’incompréhensions accumulées"
"La plupart étaient heureux de voir que des Français venaient chez eux
pour essayer de les aider", témoigne le président de la Conférence épiscopale française en poursuivant: "Ils ont le sentiment que tout seuls ils
n’arriveront pas à s’en sortir, il y a trop d’incompréhensions accumulées".
La difficulté de dialogue entre eux est si grande que c’est à ce niveau,
pense Mgr Duval, que les autorités religieuses ont quelque chose à apporter.
Mgr Jérémie explique que ce voyage ne s’est pas fait dans un but politique: "Nous y sommes allés pour exprimer notre assistance morale et assurer
tout le monde que nous sommes à la disposition de ce pays et de ces peuples
pour qu’une solution soit trouvée". En ce qui concerne le métroplite, c’est
bien l’aspect non politique qui a fait de cette mission un succès car c’est
ce qui a pesé dans la réponse unanime à la proposition d’une Conférence de
paix. (apic/ecl/ap)