Les aumôniers militaires se font rares (130788)
Berne, 13juillet(APIC/Wolfgang Schardt) Les militaires suisses de religion juive devraient-ils être assistés par un rabbin? Le rabbin zurichois,
David Bollag, se porte volontaire pour être le premier aumônier juif au
sein de l’armée suisse. Cette proposition doit cependant recevoir l’aval
des Eglises nationales et du Département militaire fédéral (DMF). De plus,
afin de combler le manque d’aumôniers sur les places d’armes et dans les
écoles de recrues, il faudra certainement nommer des théologiens laïcs qui
s’engagent sous les drapeaux pour assister les âmes belliqueuses de nos
compatriotes.
Jusqu’à présent l’armée suisse n’a recruté que des aumôniers catholiques
ou protestants. Il n’a jamais été question d’accepter des représentants
d’autres Eglises, telles que ceux des Eglises libres. Il n’empêche pas
moins que les statistiques du Département militaire fédéral pour 1988
révèlent une représentation de 123 différentes confessions parmi les hommes
engagés au service de la patrie. Selon Urs Aebi, chef du service d’aumônerie pour le DMF, un aumônier de l’armée doit pouvoir représenter toutes les
confessions. De plus, le militaire à toujours la possibilité d’être assisté
par un aumônier civil.
Des théologiens laïcs dans la hiérarchie militaire
Selon le DMF 312 aumôniers protestants et 209 catholiques seraient
actuellement au service de l’armée. Mais par rapport à l’effectif réglementaire il manquerait 260 aumôniers militaires. Pour combler ce vide, diacres
et assistants pastoraux aident les prêtres et les aumôniers protestants
dans leur mission sur les places d’armes et dans les écoles de recrues. Urs
Aebi reconnaît que cette solution a fait ses preuves. En ce moment le DMF
envisage la possibilité de nommer des assistances laïques, ce qui supposerait une nouvelle systématique dans les grades, souligne le chef du service
d’ aumônerie de l’armée. Il est en effet difficile pour un laïc de travailler sur une place d’armes sans être, au moins, officier.
Un rabbin dans l’armée suisse?
Selon le rabbin zurichois, David Bollag, officier de l’armée suisse, une
assistance juive auprès des militaires est indispensable: non seulement les
militaires juifs doivent pouvoir se confier à une personne compétente, mais
il se pose aussi des questions fondamentales concernant les coutumes juives
qu’il faut faire respecter. Un réglement militaire en la matière existe bel
et bien mais les militaires l’ignorent, déplore le rabbin.
Le rabbin aimerait aussi lutter contre les préjugés, parvenir à ce que
les autres confessions comprennent mieux la religion juive. David Bollag
est conscient qu’une décision n’est pas pour demain. Il se demande comment
sa requête auprès du DMF sera acceptée par les autres confessions et les
Eglises nationales, d’autant plus que la communauté juive n’est pas reconnue par l’Etat sauf à Bâle.
Le nombre des membres sera décisif
Selon Urs Aebi, ce n’est pas la première fois que la question d’une assistance juive au sein de l’armée se pose. La décision des autorités dependra surtout du nombre de soldats appartenant à la religion juive, et de
la volonté des intéressés. En général les militaires juifs emportent avec
eux de la nourriture que leur religion leur permet de consommer, ce qui
leur évite de manger celle des cuisines militaires. De plus, les commandants d’écoles sont au courant des jours de festivités juives, ils pourraient faire quelques concessions aux militaires juifs dans la mesure ou
l’ordre du jour le permettrait a conclu Urs Aebi. (apic/ws/bcy)